6ème République

La tourmente qui souffle actuellement sur la France, menace très sérieusement nos institutions. Un grand nombre de nos concitoyens, à mots à peine retenus, évoque une chute plausible du gouvernement, une dissolution de l’Assemblée nationale, et même le déclin de la Ve République. A quel scénario faut-il se préparer ?

Cette éruption populaire qui traverse la France est la conséquence directe de l’approche particulière d’Emmanuel Macron sur le modèle politique. La nouveauté de surfer en solitaire sur les vagues de la présidence de la République, en éludant les niveaux médiateurs, attirant à lui une multitude de néophytes, sa manière de rechercher de nouvelles formes ressources financières convulse trop agressivement la vie des Français. La gestion d’un Etat ne se met pas en parallèle avec une startup dont il faut accroître les performances. Les individus prévalent sur les chiffres et les analyses. La froideur, la distance, l’absence de communication directe, sur le moment, d’Emmanuel Macron, démontre la volonté délibérée d’un homme enfermé dans ses convictions analytiques, antithèse des attentes humaines. Voilà tout le ressenti exprimé par les Gilets Jaunes.

Une démarche compassionnelle envers les forces de l’ordre et l’annonce de quelques mesurettes ne sont pas garanties d’un apaisement général. Nous sommes rentrés dans une autre dimension politique incomprise des pouvoirs publics, et par voie de conséquence, non maîtrisée, mais augurée par un peuple en attente d’un profond aggiornamento. Rafistoler la coque du bateau, depuis trois décennies, n’atteste plus son homologation au regard de son étanchéité. L’amorce d’un naufrage brutal de toutes ces politiques appuyées par les différents gouvernements à la solde d’une Communauté Européenne trop exigeante est imminente. Créées par les marchés financiers au profit des banques, mais, en aucun cas, pour le bien-être des peuples, ces autoritarismes galvanisent le manque de confiance en l’avenir des Français, pour eux et pour leurs enfants.

Ils conduisent à la paupérisation et à l’écœurement et participent à l’ascension des populismes exercés dans la démonstration de la violence publique et pesant sur la stabilité économique. Le 1er décembre dernier en restera à jamais l’exemple les plus irritants. Ira t’elle jusqu’au coup d’Etat ? Ce scénario, peu probable, n’écarte pas le pouvoir germinatif d’un concept de gestion de société moderniste. Il empruntera, certainement, les traits d’une sixième République, dessein qui s’inscrit, un peu plus chaque jour dans l’esprit collectif pour mettre un terme à notre Ve République, vieillissante, déstabilisée face aux exigences économiques et sociétales du XXI° siècle et aux attentes légitimes de nos contemporains. Déjà, les visionnaires les plus perspicaces présagent la conversion de la chose publique avec la profonde réforme des institutions et celle de notre modèle économique exigeant une démocratie participative.

Elle fournira au peuple, par voie référendaire, d’influer sur les grands sujets de société et aux parlementaires d’aborder les questions juridiques, en respectant ses requêtes. L’application d’une idéologie ubérisante, tout comme l’Assemblée nationale, instaurerait un esprit de partage balayant la fragmentation de notre société, où, malheureusement, le « chacun pour soi » supplante trop l’envie de vivre ensemble. L’instant de la réflexion est donc venu, pour tous, de prendre la parole, dans la sérénité la plus absolue, pour changer de cap…