Le Premier ministre Pedro Sanchez l’a annoncé vendredi dernier : les espagnols retourneront dans les isoloirs le 28 avril pour élire leurs députés et sénateurs.

Un faible soutien aux socialistes

Alors que les élections générales étaient prévues en 2020, les socialistes ont préféré les avancer parce que la composition actuelle des chambres ne leur permettait pas de gouverner.

Ils n’ont que 84 députés et leur coalition n’est majoritaire qu’à 16 sièges près. Après la rupture avec les indépendantistes catalans, seuls les nationalistes basques et Podemos votent le budget 2019, qui est retoqué avec 33 voix d’avance.

 

La Catalogne, moteur de la crise politique

Cette instabilité politique vient tout droit de la crise catalane. La Generalitat demande un référendum d’autodétermination, refusé ensuite par le Gouvernement Rajoy (Partido Popular, droite). Le vote a pourtant lieu, et l’exécutif organise une répression policière aussi sévère que celle que subissent les Gilets jaunes en France.

S’en suit la destitution du gouvernement indépendantiste (certains ministres sont emprisonnés), qui est reformé après élections anticipées, non sans difficultés. Le Premier ministre, déjà allé très loin, veut serrer la vis, et se heurte à une motion de censure venant de la gauche, soutenue par la plupart des régionalistes. Seulement, le nouveau gouvernement a la mauvaise idée de se les mettre à dos ensuite…

 

Février, un mois bien choisi…

Le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) a déclaré le retour aux urnes en février, et ce n’est pas anodin. Les derniers sondages en date annoncent une hausse des intentions de vote pour l’homologue d’Olivier Faure, après le gouffre de janvier.

En plus de ça, le parti d’extrême-droite Vox se hisse à 13%, fragilisant les deux compères de droite et accroissant l’écart avec le PSOE. Idéal pour Pedro Sanchez, qui peut espérer gagner une vingtaine de députés.

Cependant, 120 députés sur 350 ne suffisent toujours pas ; le PSOE sera obligé de faire, une nouvelle fois, des pirouettes à Podemos et aux régionalistes PSOE-compatibles.

Tous ne le sont pas : l’Union du peuple navarrais et le Forum des Asturies ont voté contre la motion de censure, et la Coalition canarienne, parti le plus voté dans les îles, s’est abstenue.

De plus, en cas de victoire, il est tout à fait possible que Ciudadanos, le PP et l’extrême-droite gouvernent ensemble, comme en Andalousie. Pour l’instant, le match est très serré. Rendez-vous dans deux mois.

 

Sources : El Periódico

 

Aloïs Lang-Rousseau