Garde à vue systématique

Depuis quelques années, la garde à vue est devenue systématique en France. N’aurait-on pas intérêt à alléger le travail des policiers, dans cette mission, en les mobilisant essentiellement pour les membres du grand banditisme et non pas aux « voleurs de bicyclettes » dont on sait que la justice ne poursuivra pas, ou très peu, les méfaits ?

La réponse s’écale dans le contenu des Procès-Verbaux de Police, ne justifiant, la plupart du temps, le recours de la garde-à-vue… Bon nombre de ces mises à disposition pour la justice pourraient être évitées.

Toute personne soupçonnée d’avoir commis une infraction, retenue dans les locaux de la police , y subit un interrogatoire contraignant. Est-il vraiment judicieux de bloquer le temps d’un policier et d’une personne auteur d’un délit mineur ?

Chaque garde-à-vue à un coût que la société paye cher. C’est en nombre d’heures qu’il faut chiffrer la dépense du temps du personnel de l’administration judiciaire mais également en usure de matériel, de fourniture de consommables auxquels il convient de rajouter les salaires des avocats autorisés à assister leurs clients.

Pendant que nos policiers ou nos gendarmes s’intéressent aux délits routiers ou à un marginal insultant au délit mineur, les grands bandits sévissent en toute quiétude. Ce nombre impressionnant de gardes-à-vue (plus de 800.000 environ chaque année, en France métropolitaine) freine considérablement le travail de la justice, mais décrédibilise en même temps l’intérêt de cette pratique.

Il faut arrêter de faire perdre du temps aux représentants de l’autorité judiciaire, en sous effectifs, retenus, pour un motif futile et réserver ce moment aux criminels, aux braqueurs, aux escrocs en cols blancs !!!

Cette manie de la garde-à-vue systématique s’est largement développée depuis quelques dizaines d’années dans l’Hexagone. Imitant le modèle Anglo-saxon, la France s’est, là aussi, « américanisée » pour représenter et défendre sa justice.

Mais si l’on analyse le sens réel de cette action, l’on comprend aisément que l’aboutissement du travail des policiers ou des gendarmes ne repose plus, sur des constitutions de preuves mais, sur l’arrachement d’aveux, voire de dénonciations auprès de ceux qu’ils retiennent.

Bien sûr, les fonctionnaires de l’Etat français suivent une ligne de conduite imposée : la pression sur le suspect ! Cette étreinte, souvent humiliante quand elle s’appuie notamment sur une fouille du corps est le résultat d’une autre pression : celle exercée sur nos fonctionnaires pour élucider le plus grand nombre de dossiers !!!

Toujours plus, toujours plus vite, des résultats, des résultats ! La justice est aussi une affaire de politique. Or, souvent, rien ne justifie, cette privation de liberté, durant plusieurs lourdes heures, envers une personne dont on ne peut craindre sa soustraction à une simple convocation pour son audition.

Il est aisé grâce aux renseignements  » secrètement  » recueillis sur chaque Français, à travers sa vie privée, (les réseaux sociaux et les téléphones portables sont des outils précieux pour la D.G.S.I.) mais aussi de la nature d’un fait, de savoir si la personnalité de l’un ou de l’autre est justiciable, ou non, d’une garde-à-vue. C’est donc une profonde refonte de notre droit pénal et du Code de procédure pénale sur lesquels il conviendrait de revenir mais surtout sur la philosophie et le sens d’une justice plus démocratique qu’il conviendrait de faire appliquer en France !!!