Icône du militantisme des jeunes pour le climat, Greta Thunberg a obtenu un écho considérable, notamment auprès des personnalités politiques. Cependant, son cas divise et se discute, y compris au sein des écologistes. Débrief du phénomène sur Infopremiere.

Tout d’une icône…

16 ans. Greta Tintin Eleonora Emman Thunberg réussit le pari impressionnant de devenir, en moins d’un an, la porte-parole mondiale de ceux qui critiquent l’inaction sidérante des hommes politiques à l’égard du climat. Autre mission accomplie : elle rend définitivement incohérent tous ceux qui, historiquement, ont dénigré l’enjeu écologique, que l’on retrouve à dire  » écoutons plutôt les scientifiques « . Ces mêmes scientifiques auxquels ils n’ont jamais daigné accorder la moindre once d’attention.
Sa montée en puissance date de la période fin 2018 – début 2019, maintes fois sujette à un panel de manifestations servant la cause climatique. Les jeunes manifestants y ont vu une proximité, qui a propulsé la renommée d’une porte-parole en sa personne. L’adolescente plaît au monde entier au point que les personnalités politiques se l’arrachent. Elle est pratiquement devenue la plus grande excuse internationale – du type  » j’ai écouté Greta, donc je suis écologiste « .

…de la communication.

L’on se souvient facilement des phrases qu’elle prononce. Toutes ne font pas l’unanimité ( « I want you to panic » ), mais la majorité semblent calibrées pour trouver l’adhésion des jeunes soutiens des marches pour le Climat. La jeune édile a, par ailleurs, déjà des comptes certifiés sur les réseaux sociaux.
Mais l’aspect purement communicationnel de sa démarche transparaît lorsqu’il s’agit de prendre le large pour les Amériques. Greta avait dit « boycotter l’avion », et par cohérence, choisit de se rendre au pays de Donald Trump à l’aide d’une embarcation… dont l’équipage devra prendre plusieurs fois l’avion pour mener à bien le trajet. Là, on commence à se dire qu’en tant qu’écologiste, il n’est plus aussi facile de se sentir représenté par cette militante. Et les limites de son action ne s’arrêtent pas ici…

La sortie qui tue.

Invitée à l’Assemblée nationale, elle s’est exprimée quelques dizaines de minutes, le jour du vote de la ratification du CETA. Et alors que les écologistes, la gauche insoumise et Nicolas Hulot avaient appelé à voter contre cet accord, Mlle Thunberg a révélé… qu’elle n’avait pas d’avis. « Honnêtement, peu m’importe le jour. Je n’ai aucune opinion sur ce vote, je suis venue parce qu’on m’a invité tout simplement », a également relevé CheckNews. Ce qui lui a aussi bien valu les critiques des souverainistes et de la gauche anticapitaliste écologiste. La star des jeunes pour le climat, jamais tendre avec les politiciens, a manqué une bonne occasion de les recadrer.

Militantisme sincère ou subi ?

Autre hic, l’ancienne députée Isabelle Attard (ex-PS, se définissant comme anarcho-écologiste) a relevé sur Reporterre que la militante était jeune porte parole d’une start-up, « We don’t have time », qui compte parmi ses actionnaires… d’anciens concessionnaires automobiles.
Ceci pourrait être acceptable dans le cas de personnes qui regretteraient d’avoir gagné autant d’argent sur l’émission de CO2 et gaz d’échappements – chose qui reste à démontrer. Mais ce qui est suspicieux dans le discours de la jeune suédoise, c’est l’absence totale de la notion de décroissance. La première des mesures écologiques à prendre, c’est de limiter, voire de baisser la consommation. Quand on ne consomme pas, l’on n’émet pas de déchets. Et rien, rien dans le discours de Greta Thunberg, n’évoque cette première étape éliminatoire. Dommage, cela conduit de nombreux éditorialistes à dire que le discours de Greta est celui du capitalisme vert. Un capitalisme, donc un encouragement de la consommation, qui arrange forcément quelqu’un… et certainement pas l’écologie elle-même.

 

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