Sincérité et grimaces

Jacques Chirac, dernier président seigneurial de la V° République, jusque sur le plan international, n’est plus ! Le décès d’un personnage politique, déclenche toujours, légitiment, une pluie de témoignages, parfois sincères, émanant de ses proches collaborateurs. Et puis, il y a les autres, les grimacières déclarations, celles qui ruissellent des bouches des anciens adversaires parfois ex semeurs de glissantes peaux de banane sous les pas de l’ennemi, désormais défunt. La politique, rude épreuve, déclenche forcément les hostilités, les échos braillards des antagonistes souvent féroces.

Rivalité, trahison

Mais, face à la mort, il est curieux de constater combien ces contradicteurs d’hier se transforment, soudain, en honnêtes salueurs de mémoires. Signe d’une marque de déférence, de civilité et de… respect ? Rendre hommage, honorer quelqu’un, c’est lui reconnaître un titre au respect, à la gloire, à l’admiration. J’ai gardé en mémoire, le souvenir d’un Giscard d’Estaing, « l’opposant » peu conforme à l’émotion exprimée aujourd’hui. Durant plus de trente ans, la hargne fût la cause d’une rivalité culminant avec la  » trahison  » de Chirac, laquelle avait contribué à porter Mitterrand au pouvoir, en 1981.

Giscard :  » Il ne m’intéresse pas ! »

Aujourd’hui, le successeur de Georges Pompidou, souligne « son émotion » face au décès de Jacques Chirac, balayant d’un revers de main, sa pensée dans ses mémoires : ( Le pouvoir de la vie )  » Ce qui l’anime, c’est un désir fanatique d’accéder à la présidence de la République « .  » C’est quelqu’un qui ne m’intéresse pas « , déclarait, aussi, publiquement l’ex-président, qui, visiblement, aujourd’hui, n’exerce plus sa passion du rejet. Dans le registre des hostilités, notons, aussi, celles d’un Laurent Fabius, largement étalées lors du célèbre débat d’octobre 1985, sur TF1.

Fabius salue Chirac

L’opposant à Jacques Chirac entend alors les semonces acides du corrézien sur les problèmes de l’immigration, Greenpeace, les nationalisations. Ces sujets, largement décortiqués, avec une courtoisie à peine retenue, amère, acrimonieuse, un climat délétère s’est installé sur le plateau, entre les deux têtes de l’exécutif. Il se poursuivra longtemps ! Cette vindicte populaire s’est effacée, ce 26 septembre 2019 : « Jacques Chirac, n’a cessé d’être épris de la République et de la servir… » Signe Fabius ! Comme quoi, la mort, réunificatrice, gomme, les querelles d’antan et les propos les plus offensants. Nul ne peut dire, si, dans les cieux, les dissidences se poursuivent !

Joël-Pierre Chevreux.

 

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