J’ai été un client de madame Claude. Un témoignage Top Exclusif !

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Top Exclusif ! à retrouvé un ancien client de madame Claude ! Roger S. : « J’ai été un client du réseau de madame Claude. Elle n’était pas le monstre que la presse décrit ! » Nous publions cette semaine un témoignage inédit. il y a quarante-cinq ans, ce chef d’entreprise sollicitait régulièrement les services de madame Claude. Aujourd’hui, âgé de quatre-vingt-trois ans, Roger se souvient et se livre, sans ambages…

Entretien : Joël-Pierre Chevreux

Temps de lecture : 5 Mn

Qui était vraiment Madame Claude ?

Roger, vous avez bien connu madame Claude. Qui était-elle vraiment ?
Roger S. : C’était une femme intelligente, distinguée, avec beaucoup d’entregent, impressionnante, une réelle stature de chef d’entreprise. Son introspection lui permettait, en quelques minutes, de détecter la personnalité de son interlocuteur ! Dans son réseau, la vulgarité était exclue. Sa personnalité ne renvoyait pas l’image du monstre décrit par les ignorants et les querelleurs, sous les traits d’une mère maquerelle, aigre et blessante, à l’égard de son personnel. Pour l’avoir côtoyée, à de nombreuses reprises, je puis dire qu’elle était à l’opposé du portrait médiocre dressé à charge contre elle aujourd’hui… »

Qui est Roger S. ancien client du réseau ?

J.P.C. : Pour remonter l’histoire, dans quel secteur d’activité évoluiez-vous à cette époque ?
R.S. : En 1973, je dirigeai une société internationale d’import-export fixée dans la région parisienne avec quatorze agences réparties dans le monde. Mes activités professionnelles me procuraient, certaines semaines, un peu de temps libre. Alors, à mes moments vacants, je rencontrais quelques créatures du beau sexe. D’ailleurs, je m’étais assuré du contrat moral de mon épouse; un contrat qui m’offrait la liberté de prendre, à ma guise, du bon temps avec la gent féminine. Une condition, toutefois, m’était imposée : celle de ne pas divorcer et d’assurer le quotidien de mon foyer…

Le système de madame Claude

J.P.C. : Par quel biais rencontriez-vous ces jeunes femmes ?
R.S. : Je côtoyais surtout des hôtesses de bars-clubs distinguées pour lesquelles je me montrais généreux et assidu. Je sympathisai peu avec les filles vulgaires et de peu de tenue. Et puis, un jour, un ami m’a glissé discrètement un numéro de téléphone confidentiel, un certain 585 3….. je crois me souvenir. Cet ami m’avait assuré la discrétion et la qualité de rencontres exceptionnelles, un réseau de call-girls plutôt prestigieux. Alors, j’ai appelé. A l’autre bout du fil : « Allo, oui… » une voix féminine attendait un signal, un « Sésame ouvres-toi ! » comme dans un club très prisé. Pour engager la conversation, il fallait donner des références. Alors, j’ai emprunté une voix un peu assurée : « Mes hommages, madame, je vous appelle de la part d’un ami; monsieur F…. de Salon de Provence… » Aussitôt, la réceptionniste s’est dévoilée et la voix a quitté l’intonation de la méfiance, prête à raccrocher face à un anonymat hasardeux assorti, vous savez de la fameuse phrase : « Excusez-moi, monsieur, c’est une erreur… »

En quoi puis-je vous être utile ?

J.P.C. : Vous aviez respecté la formule de reconnaissance, le code d’entrée de la maison…
R.S. : Oui, il était impératif de se signaler. Alors, la dame m’a répondu : « Ah ! Oui très bien ! Comment va-t-il ce cher monsieur F… ? » « Très bien madame, je vous remercie. Mon ami m’a parlé de la confidentialité de vos prestations….» « En effet, cher monsieur, en quoi puis-je vous être utile ? » Ces quelques phrases préfiguraient le début d’une long échange amical qui allait durer quatre ans, jusqu’en 1977, date à laquelle madame Claude à connu ses premiers ennuis.

Les filles du réseau

J.P.C. : : Vous sollicitiez souvent le concours efficient de madame Claude ?
R.S. : Chaque fois que je désirais rencontrer une jeune femme, élégante et distinguée. Je lui précisais si cette dernière devait m’accompagner pour un repas d’affaires, souvent le lendemain à midi, à Paris, à la brasserie Lipp. Ensuite, souhaitant partager, avec une jeune femme, un moment d’intimité, madame Claude, alors en confiance, m’interrogeait. Surtout au début de notre relation, avec une dizaine de questions bien ciblées. « Avez-vous, cher monsieur, une préférence pour le physique de la jeune femme ? » Puis, à la manière d’une directrice d’agence matrimoniale, madame Claude tirait minutieusement la quintessence de mes souhaits comme tous les nouveaux venus afin de répondre parfaitement à nos attentes. Âge, description physique, fantasmes, lieux de rendez-vous, descriptif des prestations envisagées, tout était passé en revue.

Services particuliers

Ensuite, elle dévoilait ses tarifs. En bonne conseillère du Tout-Paris, et même au-delà, elle s’enquérait d’un renseignement précieux, celui qui allait corroborer l’affaire : « puis-je me permettre, cher monsieur, de vous demander si vous attendez un service particulier qui conforterait votre intimité ? Vous pouvez vous exprimer librement, vous savez, ici, personne ne juge… »

J.P.C. : Aviez-vous, sincèrement, des faveurs particulières à solliciter à ses filles, en dehors d’une simple présence à vos côtés ?
R.S. : Je n’appartenais pas à ces types qui recherchent un fantasme tordu ou très particulier. Je voulais simplement prendre un peu de bon temps avec une jeune femme docile et experte. Rien d’extraordinaire, juste discuter, échanger avec une fille cultivée, douce, écoutante et plus si affinités…

Le dernier film :  » madame Claude « 

J.P.C. : Vous avez vu le biopic consacré à madame Claude. Est-il, selon vous, conforme à la réalité ?
R.S. : Oh ! Que non ! ( rires ) Il s’agit d’une fiction visant le côté sensationnel. Mais, la réalité s’affichait bien différemment. Ce portrait, grossier et injuste, dressé est parfaitement scandaleux. Vous savez, j’avais beaucoup échangé avec les filles et avec cette dame. J’ai même eu le plaisir de diner trois fois en sa compagnie. Elle ne représentait pas le monstre décrit par des journalistes incultes sur son personnage dont le surnom est devenu une antonomase. J’ai même lu quelque part qu’elle fut, je cite : un personnage «  mi-héroïne, mi-monstre, un peu comme Pablo Escobar « .

Quelle honte de lâcher des similitudes aussi ubuesques ! Si vous pouviez interroger la plupart des femmes qui ont collaboré avec elle, le plus souvent mariées grâce à ses soins et même bien mariées, vous constateriez que toutes ces rumeurs sont totalement infondées.

A charge contre elle

J.P.C. : Alors, pourquoi cet écho tronqué selon lequel elle aurait été une proxénète sans vergogne ?
R.S. : Il faut replacer les évènements dans leurs contextes respectifs. il y a, en amont, la loi, et, en aval, la morale. Du point de vue juridique et judiciaire, tout individu, homme ou femme, qui perçoit de l’argent d’une personne qui fait commerce de son corps est considéré(e) comme un(e) proxénète. La loi est ainsi faite. Mais, toutefois, dans le cadre du procès innommable fait à madame Claude, en raison de sa forte personnalité, nous respirons dans une autre atmosphère. C’est-à-dire que l’on a rapproché juridique, judiciaire et morale, pour créer le portrait miteux d’une sale bonne femme.

Ne pas satisfaire le sadisme des monstres fortunés

J.P.C. : Pourtant, un ratage entache cruellement son parcours. Une jeune femme tabassée, pour le plaisir, par des clients violents et sans scrupules…
Dans l’ensemble, c’est une sale histoire, en effet ! Mais, honnêtement, si Claude avait pressenti ce piège infâme, elle n’aurait jamais confié une mission pour satisfaire le sadisme de monstres fortunés. D’ailleurs, elle n’avait aucun intérêt à envoyer ses filles dans un lieu aussi cruellement agité. Vous imaginez la réputation de la maison, le scandale, la presse… Non ! Claude, humainement, aussi, ne soutenait pas ce genre de procédé. Dans ces conditions, les rencontres étaient contraires à sa moralité et à ses intérêts.

Call-girl du Tout-Paris, le livre de Patricia Herszman

J.P.C. : L’une de ses anciennes « filles », Patricia Herszman, réhabilite son image dans un ouvrage, paru en avril dernier : « Call-girl du tout-Paris ». Partagez-vous son sentiment ?
R.S. : J’ai lu ce livre étonnant. Mon libraire m’en avait vanté le contenu. Ce que dit son auteur, qui l’a côtoyée encore de plus près que moi, et surtout de l’autre côté du miroir, confirme bien mes pensées. Madame Claude, n’était ni une sainte, ni une violente, ni cette féministe proxénète tant décriée, qui profitait de ses filles, sans leur réserver la moindre considération… bien au contraire ! C’est pourquoi, toujours présente pour elles, dans leur accompagnement jusque dans leurs démarches personnelles, cette solidarité prenait, aussi, la forme d’une protection contre les individus peu délicats qui les cernent souvent…

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Caissières des grandes surfaces astreintes à des horaires fantaisistes

J.P.C. : Il est dit qu’elle pouvait, parfois, se montrer très exigeante, autoritaire, excessive, envers son personnel…
R.S. : Il est probablement vrai que son exigence la dépassait ! Premièrement, diriger un réseau de trente ou quarante filles, implique de l’autoritarisme. Mais, quel employeur n’exerce-t-il pas son autorité vis-à-vis de ses salariés ? En outre, allez visiter une chaine de montage, dans une usine, vous prendrez acte des conditions de travail péremptoires des employées, constamment sous pression. Interrogez les caissières des grandes surfaces astreintes à des horaires fantaisistes, qui, souvent, mutilent leurs fins de semaine, les privant de la présence de leurs enfants. Et tout cela pour un salaire dix mille fois moins valorisant que ceux des filles de madame Claude…

La prostitution en France

J.P.C. : Venons-en au phénomène de la prostitution en France. Vous portez sur lui un regard très lucide, notamment, sur ses dispositions…
R.S. : Totalement ! Aujourd’hui, on pénalise les clients tandis que les filles racolent dans la rue, dans des camionnettes aux abords des routes, avec une hygiène sommaire, sans bénéficier d’une parfaite sécurité. Or, cette loi stupide satisfait des gouvernements et des associations féministes qu veulent éradiquer le proxénétisme. Mais, par ailleurs, d’une manière hypocrite, ils scellent une chape de plomb qui pèse sur ce phénomène vieux comme le monde, pour le regarder sans le voir…

Crimes sexuels et viols

J.P.C. : Selon vous, comment faudrait-il que la prostitution soit organisée en France ?
R.S. : Ne nous cachons plus derrière un doigt en répudiant l’évidence. La prostitution est un exutoire, un moyen vital pour canaliser les crimes sexuels et les viols. Elle constitue un rempart sécuritaire contre les excessifs dangereux. C’est pourquoi, une véritable protection doit être assurée à ces femmes et à ces hommes qui exercent ce métier. Leur offrir des lieux réservés, ouverts, où le proxénétisme est banni, mais où l’hygiène est de rigueur, me paraît essentiel.

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J.P.C. : Vous avez l’impression que les travailleurs(ses) du sexe sont inconsidérés par nos gouvernements…

En effet, ces personnes qui proposent leurs corps, pour faire l’amour, méritent la reconnaissance de nos gouvernements. En somme, il faut instaurer un vrai statut garantissant l’accès à une caisse retraite et a une assurance-maladie. La reconnaissance du statut de travailleur(se) professionnel(le) indépendant(e) constitue une nécessité absolue pour une société qui a vraiment besoin d’épurer et d’organiser, à l’instar d’autres pays, cette activité. Alors, quel gouvernement se penchera-t-il sur cet événement ? Il est temps d’aborder ce débat, lors de la prochaine élection présidentielle de 2022… Enfin… Question de dignité pour ces personnes et pour la France !

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