Secretary of Defense Ash Carter meets French Minister of Defense Jean-Yves Le Drian during a meeting of defense ministers of the Global Coalition to Counter ISIL July 20, 2016, at Joint Base Andrews, Md. (DoD photo by Air Force Tech. Sgt. Brigitte N. Brantley/Released)

Probable scénario.

Nous sommes au lendemain du 26 mai 2019. Les élections européennes, remportées en France, par le Rassemblement National, Emmanuel Macron se trouverait dans une posture délicate. Il nommerait, alors, un nouveau gouvernement plaçant à sa tête Jean-Yves Le Drian  en remplacement d’Édouard Philippe. Fable improbable ? Pas si sûr ! Même si le ministre s’est montré critique sur l’entourage présidentiel, le jugeant déconnecté en considérant que « le balancier penche trop à droite » sa popularité est intacte. Elle pourrait, dans l’avenir, redorer avantageusement le blason du président de la République. Depuis 2017, Jean-Yves Le Drian ministre de l’Europe et des affaires étrangères, sans doute en reconnaissance de son soutien dès le premier tour de la candidature à Emmanuel Macron, enregistre un quota de popularité notable.

Voir aussi : Les responsables de la montée du Rassemblement national.

 

Discret jusque dans les media

Jean-Yves Le Drian se place, toujours troisième dans un classement de popularité des personnalités politiques. Avec 49% de « bonne opinions » des Français, ce fin connaisseur des dossiers, notamment internationaux, y compris ceux de l’Afrique, sensible au dossier écologiste, reste très populaire tant chez les macronistes que chez les électeurs des Républicains et des socialistes. Son implication dans la jungle des affaires de la Défense dans le premier  gouvernement Ayrault de François Hollande, l’a vu maintenu dans ses fonctions dans de nombreux Cabinets ministériels. Ses compétences, dans ce domaine, comme dans de nombreux autres secteurs, sont incontestables pour celui qui veut aujourd’hui « reconstruire une culture politique de gauche ».

Politique d’expérience

Ce ministre, le plus populaire du gouvernement, est donc parvenu, à presque soixante douze ans, à inscrire son nom sur la liste des successeurs d’Édouard Philippe à Matignon. Estimé dans l’ancienne droite comme dans l’ex gauche, sa renommée donnerait à un nouveau gouvernement des allures plus démocrates. Ne doutons pas qu’Emmanuel Macron garde cette carte précieuse bien en place dans son jeu politique. Incontournable auprès de sa personne, les bons et loyaux services du ministre de l’Europe, laissent souffler cette forte rumeur. Il est vrai que ses illustrations, dans différents domaines, depuis tant d’années, ont tracé des souvenirs plutôt remarqués.

Antidote à la macronie

Aux fonctions, ce nouveau Premier ministre représenterait un bienveillant antidote aux maux macroniens. Une politique d’expérience, raisonnée, écoutée, à la fois sensiblement gauchisante et européenne, à l’écoute des Français, pourrait effacer les mauvais souvenirs de tous ces mois. Il est bien connu qu’après une période d’austérité, le rayonnement d’un peuple se gagne par des compensations plus sereines. Le glacé adoucit toujours le brûlant. Souvenons-nous que les périodes de cohabitations équilibrent parfaitement le plans politiques. Et, qui mieux que les Français, versatiles et amnésiques, pour effacer ces périodes agitées si quelqu’un leur redonne un peu d’espoir et du pouvoir d’achat. Ainsi Emmanuel Macron aura, une fois de plus, bien « joué » pour préparer un second mandat en 2022.
Joël-Pierre Chevreux.