La mort comme vous ne l'imaginez pas !

De tous temps, la mort reste un phénomène interrogatif pour l’esprit humain. Hanté par la question fondamentale : « Qu’est-ce qui nous attend après la vie ? », car le néant nous fait peur. Reculer ou éviter son échéance, tentation vieille comme le monde, bien des charlatans ou des escrocs ont prétendu résoudre. Pari impossible, certains chercheurs ont décidé de le relever. Ont-ils découvert un moyen extraordinaire pour réveiller la vie ? Les pièces étonnantes d’un grand puzzle, aujourd’hui à l’étude, pourraient fournir, dans les années à venir la clé de cette extravagante aventure. Dans un futur proche nous pourrions peut-être réveiller notre grand-père bien aimé. Et cela ne fait pas rire tout le monde !

 

DES EXPÉRIENCES QUI DÉPLAISENT AUX CROYANTS

Il y a quelques semaines, un séminaire privé s’est tenu dans un grand hôtel parisien réunissant une dizaine d’experts scientifiques du monde entier. Durant tout un week-end, ces savants fous se sont penchés sur cette question essentielle. Paradoxe cruel, ces hommes se préoccupent de l’intérêt de « faire revivre les morts » quand d’autres veulent éteindre la vie des malades jugés incurables en douceur et dans la dignité.

Et si ces chercheurs n’ont pas tenu à faire état de cette rencontre d’importance, c’est qu’ils ne veulent pas, dans l’immédiat, ébruiter le fruit de leurs travaux; attiser les flammes de la curiosité que ces expériences futures risquent de susciter. Ainsi, dans les années à venir, donc bien avant la fin du XXI° siècle, grâce à leurs élucubrations fantastiques, leur rêve, aujourd’hui impossible, pourrait bien, grâce à eux, devenir une réalité.

Au-delà des questions religieuses et d’éthique que pose cette expérience, une seule motivation les intéresse : manipuler la science pour redonner la vie à une personne décédée. Projet qui n’est pas au goût de bien des comités d’éthique. En effet, pour la plupart des croyants, ce dessein se révèle offensant vis-à-vis de Dieu. Pour eux, seul le Christ est capable de résurrection qu’à Pâques, les chrétiens commémorent.

 

RÉVEILLER, PAS CLONER

ll ne s’agit pas, dans ces projets, de clonage, opération qui consiste à créer un être vivant à partir de cellules souches mais bien de réinsuffler la vie à ceux qui l’ont perdue. Aujourd’hui, c’est vrai, l’on sait relancer un cœur, mais pour le cerveau, c’est carrément autre chose. En effet, une fois que celui-ci s’arrête, régénérer les cellules mortes propres à sa relance reste impossible.

Aux Etats-Unis un autre savant fou, intellectuellement brillant, persécuté par l’immortalité, Ken Hayworth, passe son temps dans le sous-sol de l’université d’Harvard pour préparer son suicide. Cet homme a passé toute sa vie à étudier le fonctionnement du cerveau humain. Et, ses découvertes sont plutôt étonnantes.

Appuyé sur les neurosciences (études scientifiques du système nerveux par la structure de son fonctionnement, jusqu’au niveau des organes tels que le cerveau) l’homme de science pense que conserver cet organe, le découper et le recréer sur ordinateur par simulation en le raccordant à un corps de robot offrirait bien des avancées à ce type de recherches.

Mais, pour un grand nombre de ses confrères, cette opération relève de l’impossible car un petit morceau de tissu cérébral contient environ cinquante millions de neurones et près de… mille milliards de synapses !

 

PAS ENCORE POUR DEMAIN, MAIS…

… Mais le savant ne se décourage pas pour autant : « Si votre corps cesse de fonctionner, il commence à se détruire, il faut donc stopper les enzymes qui détruisent le tissu. » confie-t-il en substance. Selon lui, il faut d’abord vider l’eau et la moelle épinière du cerveau et les remplacer par une résine en plastique pur.

Ainsi, chaque neurone et synapse du système nerveux central sera protégé jusqu’à l’échelle du nanomètre. Le cerveau physique détruit, son connectome (plan de toutes les connections) serait conservé. Au-delà de ses espoirs, Ken Hayworth, avoue que ces expériences ne seront pas pour… demain !

Mais, si lui évalue à cent ans, le moment où les scientifiques seront capables de déterminer la fonction de chaque neurone et synapse et ainsi de construire une simulation sur ordinateur de l’esprit, d’autres pensent que cette curieuse réalisation pourrait être assez proche.

Et, puisque le processus de plastination aura conservé les nerfs rachidiens, il espère que l’esprit généré par ordinateur pourra être connecté à un corps de robot. Ken Hayworth est allé encore plus loin dans ses investigations. Il a imaginé un procédé chimique de conservation du cerveau à l’échelle du nanomètre.

Ce procédé, paraît-il, fait ses preuves, mais… sur des souris. C’est dire, que, comme toute expérimentation menée sur les animaux, il faut prendre avec prudence le fruit des résultats; les plus grandes errements de la science provenant des tests pratiqués sur du « matériel vivant ».

 

POUR BIENTÔT ?

Alors, faire revivre les morts, est-ce vraiment pour bientôt ? En 2030, prétendent certains experts, on en saura davantage sur cette idée de voir revenir parmi nous nos ancêtres, notamment en prélevant aussi un peu d’A.D.N. sur leur cadavre. Les avancées de la recherche sont prometteuses. Elles nous réservent bien des surprises dans les vingt prochaines années, issues de nouvelles technologies.

Alors, confiant dans l’idée que ces hommes vont réussir cette prouesse renversante, certains, déjà, précautionneux, prennent leurs dispositions pour protéger leurs corps ou celui de leurs futurs défunts, pour leur éviter toutes dégradations physiques. C’est la cryogénie qui permet la conservation d’un corps, une technique qui permet d’abaisser la température à – 40 degrés Celsius, et d’y placer ce dernier, graduellement immergé dans un conteneur d’azote liquide à – 196 degrés Celsius.

Ce procédé n’est pas nouveau puisque, déjà, en 1964, Robert Ettinger auteur du livre « L’homme est-il immortel ? », (Denoël), développait la thèse selon laquelle : «… il était possible de conserver les corps indéfiniment pour que la science médicale puisse réparer les dégâts causés par la maladie et la cryogénisation » et d’ajouter : « Un jour viendra où nos amis du futur pourront nous faire vivre et nous soigner ».