Le gilet jaune : symbole puissant

Comme les pantalons des sans-Culottes

Le gilet jaune, vêtement de révolte fluorescent, a pris, aujourd’hui, des allures de véritable symbole. Initialement, emblème de protestation contre la hausse des carburants et des inégalités, il est devenu, au fil des semaines, un véritable outil d’ habillement, une démarcation claire de classes et de valeurs qui s’associe à la tenue vestimentaire.

A l’image des pantalons à rayures des sans-culottes revêtus pour se distinguer de l’aristocratie durant la Révolution française, Il s’inscrira dans les annales de l’histoire à cause de son prolongement. Cette chasuble portée par les conducteurs, depuis 2008, afin d‘être visible sur la chaussée en cas de panne ou d’accident, devient l’instrument d’un changement de régime profond.

Les cohésions visuelles

Les pratiques vestimentaires sont toujours utilisées pour débattre des convictions citoyennes, contester les structures politiques et susciter la métamorphose. L’histoire des peuples nous le raconte.

Récemment, encore, les actrices d’Hollywood portaient des robes noires en soutien au mouvement #TimesUp et les Pink Pussy Hats, en 2017, s’affublaient de ces bonnets lors de la Women’s Match.

Ils ont permis d’attirer l’attention sur les revendications des femmes. Toute mode appartient à la culture et au patrimoine d’une société. Elle influe sur un dispositif prépondérant pour changer de régime; cette matrice immuable, les gilets jaunes l’ont intégré.

Le noir couleur de l’anarchie

Sans vouloir rapprocher les modèles révolutionnaires, soulignons, tout de même, le caractère des mouvements politiques identifiés par un style de vêtement. Ce qui en fait la différence, c’est, précisément, l’accessibilité même de cet affublement, mais aussi la nature même d’une évolution décentralisée qui sait s’appuyer sur ce symbole pour gagner en visibilité.

Au XXI° siècle, toute tentative de conversion dépourvue d’uniforme affecterait sa puissance. Souvenons-nous, en 2011, Oppucy Wall Street n’avait pas de cohésion visuelle mais plusieurs genres.

Cette disparité s’est largement reflétée dans leurs revendications, et si le mouvement Antifa a préféré la couleur noire des bottes, sweats, et masques de ski c’est parce qu’elle évoque l’anarchie, l’austérité et à la rigueur et cela affaiblit sa réputation d’être un vêtement efficace à cause de son côté sombre. Tout le contraire des gilets jaunes !