Les responsables de la montée du Rassemblement national

Manœuvre intelligente

Les propos feutrés de Marine Le Pen vis-à-vis des gilets jaunes, relèvent t’ils, en cette période pré-électorale, d’une simple stratégie ? Apparemment, la présidente du Rassemblement National soutient ce mouvement populaire mais sans jamais s’afficher à leurs côtés.
Manœuvre intelligente pour ne pas être vue comme sa récupératrice, elle salue la mobilisation de cette action, depuis son départ, précisant que : « Tous les Français se reconnaissent dans les revendications de justice et de dignité de mouvement trans – courant et trans – politique. ». Pendant ce temps, la liste conduite par Jordan Bardella monte à 23% selon les derniers sondages. Elle risque de dépasser ce score et atteindre les 25 %.

Un discours convainquant

Et voilà même les plus réfractaires au Rassemblement National séduits ! Le discours de sa présidente répond à leurs attentes. Faut-il s’étonner, dès lors, de sa montée désignée à tort ou à raison par ses adversaires : « extrémiste » ? Cette croissance, cette notoriété, il la doit à nos élus, néo libéralisateurs, de l’ancienne droite comme ceux qui évoluent sur les cendres de l’ex-gauche.
Tous persistent dans la conjoncture désastreuse que nous traversons. Le
Rassemblement National se fait fort de les mettre en avant. Crise sans précédent, perte d’identité nationale, immigration irraisonnée, montée de l’islamisme, chiffres toujours élevés du chômage, précarité nettement aggravée dans certains départements, écologie en silence et protection des animaux totalement reléguée en forment le lourd bilan.

Retour de manivelle possible

Les chiffres des sondages donnent des allures gagnantes au Rassemblement National avec une légère avance. Mais attention ! Les sympathisants du parti ne doivent pas en tirer, tout de suite, l‘infatuation des grands jours. Ces annonces pourraient prendre des allures de manœuvres stratégiques, histoire d’encourager à voter massivement les électeurs de madame Loiseau, qui semble perdre un peu de son envol.
Il serait bien mesquin de faire preuve de suspicion malveillante ou d’user de politique fiction, en affichant sur le compte des instituts de sondages une absence de neutralité. Quelle vilaine pensée ! Mais, en politique, il faut s’attendre au pire. Il serait judicieux que les électeurs de madame Le Pen se montrent prudents, voire défiants,
face à un danger de ce type.

L’escalade du R.N.

L’assaut du Rassemblement National devrait inspirer à nos élus une profonde réflexion pour aller dans le sens d’un revirement profond; un changement immédiat de notre modèle économique, celui qu’attend le peuple français et auquel Emmanuel Macron ne sait répondre en profondeur.
Oui, la robustesse du R.N., c’est à ceux qui nous gouvernent depuis ces trente dernières années qu’il la doit. Mutisme et détachement, en sont la réponse édifiante, malgré les annonces aériennes du président en réponse aux doléances des Français. Comment, dès lors, ne pas évaluer leur inquiétude grandissante ?
Cette apathie explique clairement l’escalade fulgurante du Rassemblement National parce qu’il a su prendre ses distances avec l’engourdissement du libéralisme économique.

Le discours du R.N.

Son savoir-faire exprimant un « néo-populiste » semble entendre nos compatriotes, ceux qui, précisément, comprennent que leurs souffrances ne sont pas écoutées ou comprises en haut lieu.. Ressentiments qui ont fait la gloire du Front National.
A l’origine, il tire sa progression, par la crise de 1973, la politique de rigueur de 1983, et la précarisation liée à la mondialisation depuis les années 1990. Face à ces différentes politiques d’austérité, dirigé par Marine Le Pen, ce parti a su abandonner le discours économiquement libéral tenu à son origine.
Transformé en mouvement de droite libérale-conservatrice, le voici aujourd’hui sur la sellette, bien installé. Il pourrait s’imposer lors des européennes. Et, telles des vierges effarouchées devant le vice, nos élus s’en étonnent ou s’en offusquent !

« Extrêmes »

Faut-il en rire ou en pleurer ? On est en droit de s’interroger. « Extrême droite » qualification considérée comme injurieuse pour son parti, Marine Le Pen s’en défend, alléguant que, de nos jours, quiconque ne va pas dans le sens des opinions de la communauté politique « bien-pensante » se voit enfermé dans le clan des « extrêmes ».
Comme si, seule, la pensée unique européiste n’avait que valeur de modèle…
« Extrêmes » avez-vous dit ? Il est vrai que nous baignons dans l’extrême économique, l’extrémisme envers la liberté de penser, de l’insécurité, notamment avec les actes de terrorisme perpétrés sur sol français.
L’heure est venue de s’interroger sur une question primordiale : « Où commence, dans l’esprit de nos dirigeants, « l’extrême » des choses ?»