Mais que veulent les Français ?

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Au terme de deux semaines très agitées au sein de l’Hexagone, la forme d’une insurrection hétéroclite, engagée par les gilets jaunes, s’intensifie. Raréfié sur le terrain, le mouvement remporte, toutefois, l’adhésion massive des Français. Cependant, les messages, légitimes, manquent cruellement de structure, au delà des revendications visant la baisse des taxes, l’augmentation des retraites, l’exonération des heures supplémentaires. Tout est dit – ou presque – mais rien n’est clairement charpenté dans le conducteur du discours exprimé par les uns et les autres. 

En réalité, de cette satiété générale, s’exhale le parfum d’un changement profond de société. Depuis quelques années, un substantiel bouleversement de nos institutions s’implante insidieusement, au fil des mois, sans que l’exécutif, ni même la plupart des alliances politiques ne le subodore. Certes, plusieurs décennies sont incontournables pour infléchir les structures d’une société. Mais la recherche sociologique dont bénéficie politiciens et autorités publiques, devrait leur fournir les interprétations, les attentes civiles instantanées, de la population. L’histoire nous le rappelle.

Entre le journée du 7 juin 1788, dite « journée des tuileries », à Grenoble, où les soldats lancèrent des tuiles sur les soldats après l’exil du Parlement du Dauphiné, en passant par l’abolition des privilèges le 4 août 1789, jusqu’à la proclamation de la troisième République, en 1870, plus de quatre-vingt années se seront écoulées. Toute cause étant antérieure à l’effet, trois décennies de mondialisation nous ont conduit tout droit à cette fracture territoriale saillante, faite de contraintes fiscales, économiques et sociétales. Elles nous rappellent  étrangement le contexte pernicieux des années trente.

Aujourd’hui, la conséquence de l’immobilisme de nos gouvernements successifs embrase le foyer d’une effervescence collective. Offenses, recherches de pouvoir de bonimenteurs camouflés en « hommes politiques », à la faconde amène, mais sans effet, discréditent les partis traditionnels. Leur image souillée par d’innombrables scandales politico-financiers, à fait trouver une réponse péremptoire à nos compatriotes pour balayer la posture cynique par l’information et l’action rapide à travers les réseaux sociaux.

Ces outils de communication légitiment, d’un seul jet, l’action, leur réactivité face à des injustices entravantes et par ce qu’il conviendrait de désigner l’« autocratie ». C’est là la réponse au signe d’une arrogance, d’une technocratie nationale et européenne déconnectées du quotidien. Mais, la désespérance suscite le réveil de ce peuple réputé franc-tireur, désireux de reprendre son destin en main pour mettre en place une véritable démocratie; une démocratie qui ne foulera plus à leurs pieds le sens de leurs décisions, comme en 2005, lorsque une majorité de ces mêmes Français ont dit : « NON ! » à la constitution européenne imposée depuis lors.

En conséquence de quoi, de bafouement les a conduit à se soustraire au devoir électoral où, même le vote blanc est inconsidéré. Il nous montre l’étendue de l’érosion de ce système, la lassitude de tous les modèles politiques, maintenant déconsidérés. En mai 2019, sans nul doute, les échéances européennes affirmeront, une nouvelle fois, cette dégringolade par une abstention massive. L’obstination au refus du rétablissement de l’I.S.F. et le maintien des taxes des carburants en seront le principal vecteur. Voilà pourquoi il est urgent de répondre promptement aux sollicitations des Français. Trop longtemps frustrés, bluffés, ils aspirent, aujourd’hui, à ce changement profond qui empruntera, dans un avenir prochain, la forme d’une sixième République.

Nous sommes à l’aune de ce nouveau modèle de société, format de réflexion et d’attente basé sur le sens du partage, là où, d’une manière interdépendante, l’homme, l’animal et l’avenir de la planète trouveront un intérêt majeur précédant celui des marchés financiers. Déjà, une approche fédératrice, à peine perceptible, point entre les parties-prenantes autour de ce phénomène embryonnaire. Son émulation, ses groupes de réflexion se mobilisent, et se remettent en cause pour créer cet imposant modèle de gestion stratégique. Ce nouveau type de société, nourri d’un langage commun, exclura les mouvements populistes, traîtres de leurs électeurs comme l’a fait Tsipras, en Grèce.

En son sein, une assemblée citoyenne remplacera les principales institutions et la consultation du peuple sera exposée aux décisions nationales par le référendum d’initiative populaire, aujourd’hui quasiment impossible à mettre en oeuvre. Voilà, messieurs les élus, ce que veulent les Français, l’émergence de ce phénomène massif que vous ignorez – ou feignez d’ignorer – à commencer par le président Macron et son Premier ministre, Philippe Edouard. Dès 2019, la politique française ne pourra s’épanouir que par le biais d’un nouveau printemps et un retour rapide à la considération de l’homme en tant qu’entité et la prise en compte de nouveaux indicateurs tels que de B.I.B  ( Bonheur Intérieur Brut ).