Jean-Luc Mélenchon - Perquisition

Cela pourrait être le titre d’un feuilleton à épisodes rebondissant. Le dernier en date, celui du 15 octobre dernier, intitulé « la perquisition » pourrait bien connaître une conclusion inattendue. Les media se sont emparés de l’information, nous montrant l’image d’un député tempétueux, transportée d’échos en échos, assortie de commentaires acides des éditorialistes. Que faut-il en déduire ?

Si quelques poignées de Français, et les déclencheurs de l‘affaire judiciaire pensent avoir attenté au modèle Mélenchon, alors que l’échéance des européennes commence à se profiler, ils se trompent vivement.

Car, si le président de la France Insoumise, a montré son vrai visage, au cours de la perquisition de son domicile, cette attitude n’est pas de nature à déplaire à une majorité d’adhérents et… d’électeurs. Véritable tour de force, son aisance d’élocution, son audace, son courage, de nouveau étalés face à cette circonstance, pourraient bien réveiller un nouvel essor à sa politique et lui faire gagner… de très nombreuses voix.

Son modèle méditerranéen, les Français l’apprécient car il les rassure. Il est l’archétype des hommes qui se risquent et le montrent. L’histoire nous le raconte.

Des De Gaulle, des Clémenceau, personnages de caractères, révolutionnaires, provocateurs, belliqueux, inflexibles, lovés dans leur haute idée de la manière de diriger la politique, en bousculant l’ordre établit pour rétablir la Justice de manière implacable, cela rassérène les Français.

Les interventions télévisées de Mélenchon, véritables shows, montrent ce tribun au verbe tranchant, doté d’une force supérieure ; ses rassemblements aux salles combles prouvent l’attachement de nos compatriotes à ce légendaire emporté.

Pour beaucoup, l’homme inapte à se laisser diriger, ou impressionner, possède le charisme et le potentiel pour accéder aux plus hautes fonctions d’état. Cela dérange ! Systématiquement recadrés, lorsqu’ils tentent de la conduire sur un terrain miné, interlocuteurs et adversaires politiques font les frais de leur témérité.

Jusqu’où ira ce sarcastique, licencié de philosophie, maniant la langue française à la perfection ? Mélenchon, critique véhément de l’attitude du chef de l’état, regarde aussi la République dans une nouvelle version – la VI° –  en forme de constituante pour redonner le pouvoir au peuple par une refonte des institutions, en référence à 1789, contre les « privilèges de l’oligarchie ».

Mélenchon, le présomptueux, espère une répartition plus équitable des richesses. Donner plus de pouvoir au parlement et davantage d’indépendance à la justice, exhortant le peuple à prendre le pouvoir, juché sur son piédestal avec ses propositions singulières, telles que la financiarisation de l’économie.

Prônant une augmentation du smic, le blocage des loyers, la retraite à taux plein à 60 ans, le rétablissement des postes de fonctionnaires supprimés et la régularisation des sans-papiers, Mélenchon présente son vaste programme basé sur des répartitions plus équitables.

Idéologie ? idéalisme ? Utopie ? Beaucoup, cependant, le gratifient de « réaliste ». Ils lui accorderont leurs suffrages, dans quelques mois, malgré ses récentes démonstrations envers une justice qu’il a rappelée à l’ordre cette semaine, sans jamais la désavouer.

L’indigné d’une Europe austéritaire et de peuples payeurs de la crise quand les banques reçoivent des flots d’argent public, n’a pas fini de faire parler de lui avec ses mots pénétrants et ses joutes verbales indélébiles pour stigmatiser corruption et lobbys.

L’homme veut exercer le pouvoir plutôt que de subir le commandement et l‘injonction d‘autrui. Les semaines à venir vont être déterminantes pour lui !