Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan, Michel Charasse - Hommage national au lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame aux invalides à Paris le 28 mars 2018. Arnaud Beltrame est mort après avoir pris la place d'une otage civile au supermarché Super U à Trèbes. © Dominique Jacovides / Bestimage

Nicolas Dupont Aignan doit faire des choix ! Ou bien, il choisit une orientation « extrême droite »  dans la classe européenne ou bien il poursuit ses actions dans la filière gaulliste, celle qu’il a toujours revendiquée. Mais, le président de « Debout le France » doit rapidement trancher car les deux positions ne sont pas compatibles.

Une grande majorité de Français et de la classe politique se montrent critique sur ses positions, entendant mal un discours souverainiste parallèle à l’héritage gaulliste et une relative proximité avec le Rassemblement National de Marine Le Pen.

Si les idées de ces deux leaders en matière de positionnement face à l’Union Européenne, convergent : immigration, valeurs sociales, etc., le danger de cette proximité pour l’homme de « Debout la France » est bien réel. Il lui a déjà couté cher, auprès de ses électeurs et adhérents, malgré sa bonne volonté de vouloir renvoyer l’image d’un « patriote républicain et modéré » aux antipodes d’un extrémisme « droitisant ». La note pourrait encore s’alourdir face à cette persistance, même s’il se défend des accusations selon lesquelles il serait à la tête d’un parti d’extrême droite.

Mais, Nicolas Dupont-Aignan a t’il bien conscience que ce ressenti, depuis les présidentielles de 2017, n’est pas partagé par un bon nombre de ses soutiens ? Cela peut être lourd de conséquence à la veille des élections européennes qui commencent à se profiler.

Partisan du gaullisme traditionnel dont l’action politique est centrée autour de grands thèmes : souveraineté nationale et populaire, place de la France dans le monde et son rayonnement, progrès socio-économique celui qui aurait pu devenir le Premier ministre d’une Marine Le Pen élue à l’Elysée, doit, aujourd’hui, revenir et se maintenir, sur ses positions conservatrices tant sur le plan sociétal que politique.

C’est ici qu’il tient son meilleur rôle. A condition, toutefois, de s’ouvrir sur le plan visionnaire réaliste. Il ne sert à rien de créer une union des droites allant de Laurent Wauquiez à Marine Le Pen, mais de s’orienter et de solliciter des mouvements citoyen, au sein desquels les vieux clivages, droite, gauche, centre, écologie, aujourd’hui  anachroniques, ne privent pas d’afficher ses convictions patriotiques, son attachement aux institutions de la V° République, aux pratiques et principes politiques d’un « gaulliste social ».