Plan de pauvreté

Le voici, enfin, ce plan anti-pauvreté rêvé par tant d’élus et réalisé par Emmanuel Macron, pour corriger cette image d’un président perçu pour être « celui des riches ».

Prévu pour le printemps dernier, il a été dévoilé cette semaine pour le plus grand bien des plus défavorisés. Mais, une question capitale reste en suspens malgré la bonne volonté du gouvernement de le mettre en pratique : connaîtra-t-il véritablement des conséquences directes sur le retour à l’emploi ?

Outre le fait que ce plan veut rompre avec un déterminisme et une pauvreté qui touche 14% de la population (9 milliards de personnes dont 3 milliards d’enfants), il s’axe surtout sur la prévention et l’accompagnement social vers l’activité.

Son coût : 8 milliards d’€ étalés sur quatre années pour réaliser quatre principales mesures dont l’élargissement de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), avec la fusion de l’aide à la complémentaire santé (ACS) ouvert aux ménages les plus démunis.

Le but de ce programme pourrait simplifier le système actuel et réduire les taux de non retour élevés et le calcul des minima sociaux prenant en compte les revenus des bénéficiaires de l’année en cours. Fini le décalage de deux ans. Cette mesure permettra notamment de lutter contre le non recours. En effet, l’on dénombre à 30% le taux de personnes qui ne demandent pas une prestation sociale à laquelle elles ont droit.

Côté RSA et APL le président de la République souhaite aller plus loin. Il annonce la création d’un revenu universel d’activité (RUA) fusionnant avec un grand nombre de prestations dont l’Etat sera responsable. Mais les intéressés devront entériner le fait que les droits implicites de ce système laissent comprendre que l’accompagnement implique des devoirs tels que le non refus à plus de deux offres d’emplois.

« Territoire zéro chômeur longue durée » devrait participer à l’aide à la création de CDI au SMIC via un fonds abondé par des dépenses publiques.  Ce dernier a été expérimenté depuis 2017 sur dix zones, volontairement étendu à une cinquantaine.

Les jeunes, dont la petite enfance, sont, aussi, concernés. En favorisant la garde favorisée des tout petits, l’ ouverture de trente mille places de crèches supplémentaires d’ici à 2022 devrait permettre aux femmes de condition modeste de recouvrer une activité salariée, autre nouvel objectif du gouvernement ?

Mais, là encore, une question reste posée sur l’optimisme de cette mesure. Certaines, sans formation de base, devront s’adapter, ce qui n’est toujours aisé, passé un certain âge, et d’autres accepter de s’impliquer dans des secteurs ne correspondant pas forcément à leurs compétences ou à leurs aspirations.

Des aides devraient être offertes à des communes situées en zones prioritaires et l’accès à la cantine rendu plus universel avec le développement des repas à 1 € pour les plus pauvres. Pour débuter la journée des enfants dans de bonnes conditions, des petits déjeuners seront proposés dans les établissements scolaires prioritaires.

Enfin, pour deux millions de jeunes « décrocheurs » annuels ou au chômage précoce, une obligation de formation sera mise en place pour les 16/18 ans. Si l’ensemble de ces mesures semblent cohérentes, souhaitons qu’elles rencontrent le succès attendu. La fin du quinquennat d’Emmanuel Macron nous le dira !