Présidentielle : pourquoi Marine Le Pen peut gagner (une seule fois!)

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Alors que l’on croyait la réélection d’Emmanuel Macron incontournable, les derniers sondages semblent montrer un effritement de son écart avec sa principale rivale Marine Le Pen. Jusqu’à permettre la victoire de cette dernière… Pour quelle trajectoire ensuite ?

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Une élection placée sous le signe du repoussoir

Beaucoup disent qu’au premier tour on vote, au deuxième on élimine. Pour l’élection présidentielle, cette maxime n’est plus vraie depuis plusieurs scrutins. En 2012, la gauche et une partie du centre votent Hollande par anti-sarkozysme et anti-lepénisme. Cinq ans plus tard, Emmanuel Macron accède au second tour grâce aux électeurs qui ne veulent pas du duo Le Pen/Fillon. Moralité : au premier tour on élimine, et au deuxième, on continue d’éliminer. Les candidats sont rejetés pour les idées qu’ils portent ou le bilan de leur famille politique, et 2022 n’échappe aucunement à cette règle…

À la recherche du programme disparu…

…Mais n’oublions pas une faculté humaine répandue : certains se fient davantage aux dynamiques qu’aux instants présents. Et s’il y a une évolution à mentionner d’urgence, c’est celle du projet de Marine Le Pen ; il est en épuration constante depuis 2017. Elle abandonne successivement la sortie de l’Euro, le référendum d’appartenance à l’Union européenne, l’augmentation du S.M.I.C., les confusions entre islamisme et islam, la sortie de Schengen… Les idées les plus clivantes de ce détricotage sont reprises par Éric Zemmour, qui engrange l’électorat associé, mais aussi le rejet que ce programme suscite.

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Marine Le Pen, la candidate du « ne rien faire ».

Cette translation offre une apparence neuve à Marine Le Pen. Face à Zemmour dans le costume de l’extrême droite, à Mélenchon dans celui de l’extrême gauche ou au bilan d’Emmanuel Macron, elle incarne… Le vide. Le seul – mais efficace – argument de sa candidature est d’éliminer le président sortant sans cautionner le programme des autres candidats. Cet argument peut même lui permettre d’accéder à l’Élysée. La campagne inexistante du fondateur d’En Marche, couplée aux scandales qui éclatent à son endroit, accentuent l’effet « repoussoir » qu’il subit… et augmentent le pourcentage de la présidente du Rassemblement National sur fond d’abstention.

Vers l’arrêt de mort anticipé du RN ?

Pour Marine Le Pen, arracher l’Élysée à son actuel locataire relève donc, désormais, du possible. Cependant, diriger la France seule reste hors de sa portée. Elle l’a d’ailleurs déjà dit, en révélant son souhait de gouverner avec la droite en cas de victoire. Celle-ci semble s’y préparer ; ses élus rejoignent la macronie par vagues successives, et les éléments les plus droitiers souhaitant conserver leur siège sauront trouver un terrain d’entente avec le R.N. Mais cette alliance de gouvernement peut aussi coûter la réélection de sa souveraine. Mêmes élus, mêmes affaires, même arrière-goût de « faux renouveau », même impression de constitution d’un « système ». Le R.N. semble accepter ce rôle d’équivalent français du Mouvement 5 étoiles, qui lui offrira son apogée, puis sa chute…