Rassemblement national : retour sur le passé

Bien sous tous rapports

Jordan Bardella possède les atouts du parfait vainqueur pour réussir dans la voie politique. Bon physique, culture, prestance, faconde, une campagne réussie pour les européennes… Que demander de plus ? C’est, surement ici que s’éteint la liste des compliments car, ce jeune homme au tempérament de gagnant cache quelque  chose de troublant dans ses spéculations et ses discours calqués dessus… des sentiments qui rappellent étrangement les vieux fondamentaux du Front National repeint en « Rassemblement national ».

 

Opposé au mariage pour tous

A bien écouter ce jeune responsable politique, l’on entend aisément le sens de ses penchants « extrême droite » et celui de son mouvement pourtant réfutés par sa patronne, Marine Le Pen.

Attaques personnelles, xénophobie, homophobie, le vainqueur des européennes en France, opposé au mariage pour tous, prétexte, pour s’en dédire, les conditions d’une ouverture de la gestation pour autrui ou de la procréation médicalement assistée. Si l’ensemble de ces spéculations ne relèvent pas du radical du parti, alors il faudra que l’on me démontre quel pourrait en être le bémol ?

 

Les fondamentaux du F.N. de retour

Avec des airs de jeune premier de vingt-trois ans, sa personnalité rassure. Elle permet de laisser échapper des discours venimeux à peine retenus, des échanges qui doivent ravir un certain… Jean-Marie Le Pen, avec l’étalement de l’éternel triptyque : « insécurité, islam et immigration » qui fit les heures de gloire du parti depuis sa création.

Recentré sur les sujets identitaires, se moquant même des prénoms de  » Boubacar « ,  » Moussa  » et  » Hussein « , Jordan Bardella exhale les relents du vieux… Front National. Philippe Olivier, en dix-septième position sur la liste et conseiller spécial de Marine Le Pen, le confirme : « On n’abandonne jamais nos fondamentaux, cela fait partie de notre A.D.N. »

 

Au programme des gilets jaunes

De nombreux manifestants se sont ralliés au Rassemblement National lors des dernières élections européennes. Mais ont t’ils bien appréhendé la voie engagée ? Bien sûr, certaines idées du Rassemblement National sont comparables à celles des  » gilets jaunes « .

Elle figurait même dans le programme présidentiel de sa candidate : fiscalité, ruralité, sentiment d’oubli, référendum populaire… c’est là toute la force de ce parti, piquer là ça fait mal, notamment, avec les oubliés de la mondialisation, mais, aussi, en sachant  capter les colères des Français, pour en faire un « attrape-tout ».

 

Des discours adaptés

En réalité, et Jordan Bardella, l’a magnifiquement démontré lors de sa campagne, le Rassemblement National se place dans « l’air du temps » parce qu’il sait capter les revendications des populations pour mieux les détourner.

Contrairement aux sentiments exprimés par ses électeurs ou ses adhérents, il n’est pas sur la même ligne que la masse populaire. Il se positionne sur une population déjà conquise par les revendications du passé. En adaptant ses discours et en les présentant soutenus par un jeune dynamique aux allures vertueuses, un tantinet édulcorés, sécurisés, il s’offre  les nombreux suffrages de Français déçus et d’un bon nombre de gilets jaunes.

 

Des vagues à craindre

Si ce mouvement s’engage sur ce type de thématiques,  une fracture cruelle est prévisible entre ses membres. En son sein, des personnes retiennent, sous le manteau, des dispositions xénophobes ou homophobes les retenant le plus possible sur l’instant pour ne pas remuer de nouvelles vagues et en ajouter à celles qui ont déferlé depuis le mois de novembre dernier.

Lorsque les masques tomberont cette vaste action populaire connaîtra de profondes dissensions car sa position horizontale la fragilise. L’avenir  risque de nous montrer des manifestations plus vigoureuses, dans les temps à venir…