Rentrée 2018

Lutte contre  la pauvreté, système de santé, assurance chômage, réforme des retraites, et Hulot qui fait des siennes, la rentrée sociale s’annonce chargée pour le gouvernement. D’abord, il y a le ralentissement de la croissance prévue à 1,8 % en 2018 au lieu de 2 % espérés et ses conséquences : un budget très serré.

Des choix radicaux contraignants attendent Emmanuel Macron et le premier ministre pour maintenir un cap de réduction des dépenses et du déficit public, qu’ils se sont engagés à ramener à 2,5 % dès cette année.

Le plan pauvreté promis pour juillet sera finalement présenté mi-septembre. Sa mise en œuvre devrait être effective en 2019. Attendu par 14% de la population, il devrait comporter une série de mesures afin de rompre avec le déterminisme et la pauvreté. En quoi consistera-t-il ? Il s’agit « d’un accompagnement réel vers l’activité, le travail, la santé, le logement, l’éducation. »

Pour ce qui concerne les règles de l’assurance chômage, elles vont être renégociées avec les partenaires sociaux. Syndicats et patronat devraient instaurer un bonus-malus sur les cotisations patronales afin de pénaliser les entreprises qui abusent des contrats courts. C’est le vœu du gouvernement.

Autre thématique à l’ordre du jour : l’indemnisation des demandeurs d’emplois en activité réduite et des chômeurs de longue durée. Quant à la transformation globale du système de santé, prévue au printemps, elle ressurgit à l’automne. Théoriquement, elle devait apporter des réponses au vertige des soignants et au déficit des lieux de soins.

L’hôpital… le gouvernement a identifié cinq grands chantiers : qualité et pertinence des soins, financement, formation et qualité de vie au travail des professionnels de santé, grand virage numérique et organisation territoriale des soins.

Au centre des préoccupations la réduction de la tarification à l’activité (T2A) des hôpitaux et la chasse aux actes médicaux considérés comme inutiles. Espérons que l’homéopathie et certaines thérapeutiques ne seront pas concernées comme c’est souvent le cas, victimes de l’ostracisme du corps médical influent auprès du gouvernement.

La rentrée s’ouvrira aussi sur la consultation avec les partenaires sociaux pour la réforme des retraites annoncée pour 2019. Selon nos informations, Emmanuel Macron exclurait de toucher à l’âge légal fixé à 62 ans. Au cœur de ce débat, un régime universel est à l’étude dont les règles seraient identiques pour tous.

Mais, d’autres dossiers chauds attendent le gouvernement notamment avec la concertation sur la réforme de la fonction publique. Son but : présenter un projet de loi dès le premier semestre 2019. A l’étude, la création d’un contrat de mission d’une durée de six ans maximum et possibilité d’élargir le recours aux contractuels.

Après l’affaire Benalla, la réforme constitutionnelle entamée en juillet dernier figure de nouveau au programme de cette rentrée sans que l’on puisse annoncer, pour l’heure, une date fixe.

Et que dit l’opposition de tout ce remue-ménage ? Elle conteste plusieurs articles comme la diminution des 30% du nombre de parlementaires ou la maîtrise accrue de l’ordre du jour par l’exécutif. Ces réprobations ne découragent pas Emmanuel Macron qui annonce déjà : « Nous ne devons pas dévier de notre stratégie…» Les prochains mois nous le confirmeront-ils ?