Retraite : La dernière maladresse d’Emmanuel Macron

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Ainsi donc Emmanuel Macron renonce à percevoir le montant de sa pension lorsqu’il aura quitté sa fonction présidentielle. J’ignore si cette réflexion émane de sa personne ou si elle ruisselle de l’imagination débordante de son comité de communication. Dans ce cas, le président doit s’extraire de ses inspirateurs car cette élucubration sordide est vraiment impolitique.

La retraite n’est pas un privilège

Cette décision présidentielle invite à se pencher sur un approfondissement cohérent. Soyons logiques : si la politique et les portefeuilles qui s’y rattachent prenaient la direction du bénévolat ( l’on y verrait moins de prétendants ) la question de la retraite ne se soulèverait plus. Mais, dès lors qu’une personne est alignée sur le régime général, y compris le président de la République, la perception d’une prestation, dès le retrait de la vie active, y  trouve son sens.

Ce qu’ont entendu les Français

Cette révélation, démagogique, tombe mal en pleine crise sur la réforme des retraites.  Voyons, là encore, une énième opération de communication macronniste. A y regarder de plus près, il se pourrait que le Président ne renonce pas à sa retraite mais adhère à un nouveau système sera créé dans le cadre du futur régime universel par points. Il s’alignera sur sa propre réforme. Ce n’est donc pas un renoncement car il cotise pour sa retraite. Il percevra les droits acquis, en fonction de ses cotisations.

Maladresse

Ce nouveau système n’étant pas encore connu, rien ne garantit, d’après les annonces de l’Elysée, qu’il ne sera pas un nouveau régime spécial. Mais, l’annonce est là !Défavorablement ressentie par les Français percevant une retraite de misère, elle se veut désobligeante, aussi, pour les plaideurs d’une rémunération digne et équilibrée au soir de leur vie. A travers cette information, inconsciemment, ils entendent : « Je renonce à ma retraite et donc vous aussi vous pourriez adopter cette attitude. »

Digne d’un seigneur

Emmanuel Macron nous offre cette nouvelle inélégance, un irrespect insupportable. Elle fait référence à celle des grands seigneurs, les plus riches, ceux qui peuvent s’offrir ce modèle de libéralités. Renoncer à une retraite de 6200 €, voilà un luxe que tout un chacun ne peut s’offrir. Pour rappel : le président avait perçu 2,4 millions sur dix-huit mois d’activité à la banque Rothschild, s’acquittant de l’impôt sur la fortune. L’on comprend mieux, par ailleurs, en matière de politique son obstination à maintenir sa suppression depuis sa prise de fonction.

Pantouflage

Deux alternatives, pour l’avenir (2022) s’ouvrent devant le président. Premièrement, les Français pourraient  lui accorder un second mandat ( plausible, l’on connaît leurs antagonismes en matière politique ). Secondement , en cas de rejet, Macron rejoindra ce monde du business mondialisé qu’il affectionne tant. Dans ce cas, notre ex-président percevra d’énormes retraites chapeaux. A savoir que leurs montants, sans commune mesure avec la pension d’un président, pourraient s’additionner du bénéfice de conférences très bien rémunérées.

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