L’art de se contredire juste après des élections

Dimanche dernier, Carlos Puigdemont a été élu député européen en Espagne avec sa liste « Lliures per Europa », avec un de ses colistiers. Le Parlement européen n’a pas attendu son investiture officielle avant de le déclarer « persona non grata ».
L’Union européenne était déjà connue pour contester des référendums (le Traité constitutionnel européen en 2005, l’adhésion de certains pays à l’euro). Maintenant c’est au tour du Parlement européen qui semble suivre la mode vénézuélienne en déclarant d’office que certains de ses tous nouveaux députés n’étaient déjà pas les bienvenus.

 

Un Parlement qui n’en est pas un

En plus de ça, le Parlement européen n’a pas les fonctions d’un vrai Parlement, et ce n’est pas la première fois qu’Info première le revèle. Il ne peut pas présenter de propositions de directives, à moins de les soumettre à la Commission européenne, chose déjà difficile en étant dans la majorité parlementaire.

C’est à peine si cette Chambre peut amender, puisque les dits amendements doivent être validés soit par la Commission, soit par l’unanimité du Conseil de l’Union européenne. Pour le reste, tryptique habituel, « oui – non – abstention ».
Cependant, il ne serait pas juste de s’en prendre qu’à l’Union européenne et de se calquer sur le cliché hyperbolique du « c’est la faute de l’Europe ».

 

Les nations ne sont pas en reste

Par exemple, les Pays-Bas ont choisi, l’année dernière par voie parlementaire, de supprimer purement et simplement le référendum. En France, le Référendum d’initiative partagée va finalement être rendu plus difficile d’accès, d’après Edouard Philippe… alors qu’Emmanuel Macron avait pourtant annoncé sa simplification à l’issue du Grand débat national.

Plus encore, la première consultation de ce type va être lancée début juin, suite à l’union des parlementaires d’opposition pour que le peuple s’exprime sur la privatisation d’Aéroports de Paris.

Enfin, cette annonce de restreindre le Référendum d’initiative partagée est en total contresens avec les propositions des Gilets jaunes, qui allaient jusqu’à demander le Référendum d’Initiative Citoyenne, et dont le président marcheur n’a toujours pas réussi à se débarrasser. L’exécutif va-t-il redéclencher l’incendie ?