Allons-nous laisser disparaître notre patrimoine… dans nos verres ?

01/08/2025

Par : Jérémy Bizet

Allons-nous laisser disparaître notre patrimoine… dans nos verres ? Par Jérémy, 36 ans, amateur de Byrrh et de ce que la France fait de mieux. Il y a des trésors français qui ne se trouvent pas dans des musées, mais dans les verres. Des trésors liquides, enracinés dans notre culture, qui racontent un siècle de savoir-faire, de traditions régionales, de convivialité. Et parmi eux, le Byrrh, cet apéritif catalan à base de vin, de quinquina et d'aromates, est en train de glisser doucement dans l'oubli.

Une histoire française effervescente… oubliée

Créé en 1866 à Thuir, le Byrrh fut longtemps une fierté nationale, servi dans les cafés, dégusté à l'apéritif, exporté jusqu'aux États-Unis. Il était si populaire que dans les années 1930, sa production atteignait les 45 millions de litres par an. On visitait même les caves monumentales de Thuir, aujourd'hui encore un haut lieu du patrimoine industriel et œnologique. Et pourtant, en 2025, demandez à un caviste ou à un supermarché de vous en fournir. On vous répondra : "On ne le fait plus." "On n'arrive pas à l'avoir." " Le produit ne se vend pas assez."

Un retrait discret… qui pourrait devenir définitif, si rien ne change

La marque appartient aujourd'hui au groupe Pernod Ricard, qui continue à produire ce vin dans des volumes confidentiels. Mais aucune campagne, aucune mise en avant, aucun signal fort ne semble témoigner d'une volonté de faire revivre ce produit au-delà de sa région d'origine. Et pendant ce temps, dans les bars à cocktails, sur les étagères des jeunes barmen ou dans les dîners entre amis, on redécouvre avec passion les amers italiens, les vermouths espagnols, les bitters américains, pendant qu'un joyau français reste dans l'ombre.

Ce que nous buvons est aussi une part de ce que nous sommes

La disparition de ce quinquennat français c'est plus qu'un fait divers de rayons. C'est le symptôme d'un pays qui laisse doucement s'éteindre ses parfums, ses couleurs, sa mémoire liquide. Un pays qui laisse s'éteindre ses recettes, ses saveurs et ses traditions, au profit de produits standardisés et mondialisés, renonce à une part de son identité.

Et si on réagissait ?

Il ne s'agit pas de nostalgie. Il s'agit d'opportunité. De redécouverte. De sens. À l'heure où les jeunes générations recherchent du vrai, du local, du responsable et du singulier, le Byrrh a toute sa place dans notre époque. Encore faut-il qu'on le retrouve… quelque part.

Où le trouver aujourd'hui ?

Quelques cavistes passionnés en proposent encore. À vous de les dénicher, les soutenir… et les faire connaître ! Alors, posons la question : " Allons-nous laisser disparaître le Byrrh dans l'indifférence générale ?" Ou allons-nous faire du bruit, demander sa relance, et trinquer fièrement à ce que la France a de meilleur à offrir ? À tous les amoureux du goût, du patrimoine, des apéritifs qui racontent une histoire : Faisons entendre nos voix avant que le silence ne les remplace dans nos verres.

Jérémy BIZET


L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

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