Ce qu'il pourrait nous annoncer jeudi : carburants et menace des pénuries...

23/09/2026

Par : Joël Pierre Chevreux

Jeudi 24 septembre, Emmanuel Macron prendra la parole en direct sur TF1 et France 2. Après plusieurs jours consacrés à la crise énergétique, aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, au blocage du détroit d'Ormuz et à la sécurisation des approvisionnements français, cette intervention pourrait marquer une nouvelle étape dans la réponse de l'exécutif. Si aucune annonce précise n'a encore été officiellement dévoilée, plusieurs dossiers sont déjà sur la table : carburants, diesel, gaz, stocks stratégiques, soutien aux Français, sécurisation des importations et diversification des fournisseurs.

JEUDI SOIR, MACRON FACE AUX FRANÇAIS

La séquence est désormais officiellement programmée ! Emmanuel Macron sera l'invité du journal télévisé de 20 heures de TF1 et de France 2 jeudi 24 septembre. Cette intervention intervient dans un contexte exceptionnellement tendu sur le front énergétique. Le chef de l'État avait déjà réuni, le 18 septembre, les responsables des principales forces politiques représentées au Parlement afin d'évoquer les conséquences des crises internationales sur la sécurité et la vie quotidienne des Français. À cette occasion, il avait décrit une situation marquée par la forte hausse des prix des carburants et par les inquiétudes concernant le gaz et les approvisionnements pour les prochains mois. Le décor est donc planté. Mais que peut annoncer Emmanuel Macron ? La réponse ne se trouve peut-être pas dans une mesure unique, mais dans un ensemble de décisions destinées à répondre à une question devenue centrale : comment éviter que la crise énergétique internationale ne se transforme en crise française du pouvoir d'achat, voire en problème d'approvisionnement ?

LE CARBURANT, PREMIER DOSSIER SENSIBLE

Le prix à la pompe constituera vraisemblablement l'un des points les plus scrutés de l'intervention présidentielle. Lors de sa conférence de presse du 18 septembre, Emmanuel Macron avait reconnu que les prix des carburants atteignaient des niveaux particulièrement élevés et qu'ils pesaient directement sur les ménages. Il avait également expliqué que le gouvernement examinait différentes possibilités d'accompagnement, tout en rappelant les contraintes pesant sur les finances publiques. Depuis, une piste nouvelle est apparue. En effet, selon Reuters, le gouvernement français envisage une règle destinée à restituer aux consommateurs une partie des recettes fiscales supplémentaires générées par la hausse des prix des carburants. Cette piste, si elle se confirme, pourrait constituer l'un des éléments annoncés ou précisés jeudi soir.L'enjeu politique et économique paraît évident : répondre à l'urgence sans installer durablement une nouvelle dépense publique. C'est précisément cette équation que le président pourrait tenter d'expliquer aux Français.

UNE QUESTION PLUS INQUIÉTANTE : POURRA-T-ON ÉVITER LES PÉNURIES ?

Au-delà du prix, un autre sujet pourrait s'imposer dans l'allocution : celui de la disponibilité des produits énergétiques. Emmanuel Macron a lui-même évoqué la nécessité de sécuriser les approvisionnements en diesel, jet fuel et gaz, en raison des tensions internationales. Il a également indiqué que la France importait environ la moitié du diesel qu'elle consomme. Le président a toutefois appelé à ne pas céder à l'inquiétude. Selon lui, la France doit se préparer à un marché mondial sous tension plutôt que provoquer une alarme inutile. L'Élysée indique parallèlement que les stocks de gaz français ont été reconstitués et que le gouvernement travaille à sécuriser les importations. Jeudi, Emmanuel Macron pourrait donc chercher à faire passer un double message : les Français doivent prendre au sérieux la situation internationale, mais la France se prépare pour éviter les ruptures d'approvisionnement.

ORMUZ, LE POINT DE DÉPART DE LA CRISE

Derrière les prix du carburant se trouve une réalité géopolitique que le président répète depuis plusieurs jours . La situation autour du détroit d'Ormuz perturbe profondément les flux mondiaux d'hydrocarbures. Lors de sa conférence du 18 septembre dernier, Emmanuel Macron avait expliqué que Paris travaillait à faciliter une réouverture pacifique du détroit et à sécuriser, lorsque les conditions diplomatiques le permettront, le passage des navires. Cette question dépasse donc largement les frontières françaises. Macron a annoncé la préparation d'un G7 consacré à la crise énergétique, avec notamment la question des stocks, des capacités de production et des possibilités de coopération entre partenaires. Le président pourrait jeudi transformer cette diplomatie énergétique en explication directe aux Français en disant que la facture que chacun découvre à la station-service ne relève pas seulement de la politique française, mais d'une crise internationale qui oblige l'État à sécuriser autrement ses approvisionnements.

LE CANADA ET LA DIVERSIFICATION DES APPROVISIONNEMENTS

Un autre élément pourrait également apparaître dans son intervention. C'est la diversification des fournisseurs. Lors de son déplacement à Saint-Pierre-et-Miquelon, le président a expliqué que la France souhaitait notamment renforcer ses relations avec le Canada afin de disposer de davantage de gaz naturel liquéfié susceptible d'être acheminé vers la façade atlantique européenne. Le chef de l'État a également mentionné des discussions et accords avec plusieurs pays producteurs. L'objectif affiché consiste à ne pas dépendre d'une seule route d'approvisionnement et à sécuriser les produits considérés comme les plus sensibles avant l'hiver. Cette stratégie pourrait devenir l'un des axes de fond de son intervention avec la réduire la vulnérabilité française plutôt que seulement compenser, au coup par coup, les conséquences de la hausse des prix.

QUEL GESTE POUR LES MÉNAGES ?

Reste la question que des millions de Français attendent probablement ! En effet, que va faire concrètement l'État pour ceux qui subissent déjà la hausse des prix ? Le gouvernement dispose de plusieurs mécanismes d'accompagnement existants, mais Emmanuel Macron avait indiqué que ceux-ci pourraient être évalués et éventuellement adaptés en fonction de l'évolution de la situation. Jeudi pourrait donc être l'occasion de préciser la nature de ces mesures avec le soutien ciblé, mécanisme lié aux recettes fiscales sur les carburants, l'accompagnement de certaines professions ou l'adaptation de dispositifs existants. À ce stade, il serait toutefois prématuré de présenter l'une de ces hypothèses comme une décision arrêtée.

L'ÉLECTRICITÉ ET L'ÉLECTRIFICATION : L'AUTRE RÉPONSE

Un autre élément mérite attention : l'exécutif ne parle pas uniquement de pétrole et de gaz. Emmanuel Macron a également placé l'accélération de l'électrification et la réduction de la dépendance aux hydrocarbures parmi les axes de travail nationaux. Le raisonnement est simple : plus la France réduit sa dépendance aux hydrocarbures importés, moins elle devient vulnérable aux crises géopolitiques qui font varier brutalement leurs prix. Cette orientation pourrait donc être présentée jeudi non comme une réponse immédiate au prix du gazole, mais comme une stratégie de moyen terme face à la répétition possible des chocs énergétiques.

UNE INTERVENTION QUI POURRAIT DÉPASSER LA SEULE QUESTION DU CARBURANT

Enfin, Emmanuel Macron pourrait profiter de cette intervention pour revenir sur la situation internationale et ses conséquences sécuritaires. L'Élysée a récemment évoqué une intensification des menaces hybrides, notamment les cyberattaques et les risques liés aux drones, ainsi que la nécessité de protéger les infrastructures critiques françaises. La crise énergétique et la crise sécuritaire se rejoignent ici : infrastructures énergétiques, approvisionnements, routes maritimes, réseaux électriques et installations stratégiques constituent désormais un même ensemble de vulnérabilités.

JEUDI, ANNONCES OU FEUILLE DE ROUTE ?

C'est finalement toute la question de cette intervention. Emmanuel Macron pourrait annoncer des mesures concrètes, mais il pourrait également présenter une feuille de route nationale face à une crise énergétique dont la durée demeure incertaine. Un élément apparaît déjà dans les déclarations présidentielles puisque Paris travaille simultanément sur plusieurs fronts diplomatie autour d'Ormuz, sécurisation des importations, stocks, diversification des fournisseurs, coordination européenne, préparation du G7 et accompagnement des Français. Jeudi soir, le président devra surtout répondre à une interrogation très concrète : comment protéger les Français d'une crise énergétique internationale sans transformer cette protection en nouvelle fragilité pour les finances publiques ? C'est probablement sur cette équation ( prix à la pompe, sécurité des approvisionnements et pouvoir d'achat ) que les annonces présidentielles seront les plus attendues.

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