La June, la monnaie libre qui veut redonner du pouvoir aux citoyens !
Par : Joël Pierre Chevreux
Et si chacun pouvait participer à la création de la monnaie, simplement parce qu'il existe ? C'est l'idée sur laquelle repose la June, ou G1, une monnaie numérique née en France et fondée sur un principe original celui de permettre à chaque membre certifié de créer régulièrement la même part de monnaie. Encore méconnue du grand public, cette expérience attire pourtant une communauté de plus en plus curieuse d'imaginer une autre manière d'échanger et de créer de la richesse.
UNE AUTRE FAÇON DE REGARDER LA MONNAIE
La monnaie accompagne tous les actes de notre vie quotidienne. Elle permet de travailler, d'acheter, de vendre, d'investir et d'échanger. Pourtant, peu de citoyens savent réellement comment elle est créée et selon quels mécanismes elle arrive dans l'économie. La June propose une réflexion différente. Son principe repose sur l'idée que la création monétaire ne devrait pas dépendre uniquement de la richesse initiale, de l'accès au crédit bancaire ou de la capacité à posséder du capital. Cette monnaie repose sur un mécanisme appelé le Dividende Universel (D.U..) Chaque membre certifié du réseau crée régulièrement la même quantité de monnaie. Ainsi, chaque participant bénéficie du même droit de participer à la création monétaire. L'idée peut sembler révolutionnaire : au lieu de considérer la monnaie comme une ressource produite essentiellement par les institutions financières et distribuée ensuite dans l'économie, la June choisit de placer l'individu au cœur du processus.
LA JUNE, UNE MONNAIE POUR ÉCHANGER AUTREMENT
La June ne remplace pas l'euro. Elle fonctionne comme une monnaie complémentaire, utilisée par les membres d'une communauté qui souhaitent expérimenter une autre forme d'économie. Avec des Junes les utilisateurs peuvent proposer des objets, des services ou des compétences. Un particulier peut vendre un meuble dont il ne se sert plus, proposer des vêtements, des livres, des créations artisanales ou encore mettre son savoir-faire à la disposition d'autres membres. Des cours, des réparations, des prestations informatiques, des travaux manuels ou des services divers peuvent également entrer dans le circuit des échanges. L'un des grands intérêts du système consiste à donner une valeur économique à des compétences qui ne trouvent pas toujours leur place dans l'économie traditionnelle. Chacun possède parfois un savoir-faire qui pourrait rendre service à quelqu'un d'autre, sans pour autant exercer cette activité comme profession. La June permet ainsi de transformer certaines compétences, certains objets et certaines disponibilités en possibilités d'échanges.
LES "G" MARCHÉS, L'ÉCONOMIE RETROUVE LE CONTACT HUMAIN
L'une des particularités les plus visibles de la communauté de la June réside dans l'organisation des " G " marchés. Ces rencontres permettent aux utilisateurs de se retrouver physiquement pour proposer leurs biens et leurs services. L'on peut y découvrir des objets d'occasion, des livres, des vêtements, des créations artisanales, des plantes ou encore différents produits proposés directement par leurs propriétaires ou leurs créateurs. Mais l'intérêt de ces rencontres dépasse largement la simple transaction. Les participants discutent, découvrent les compétences des autres, échangent des idées et créent parfois de nouvelles relations. Dans une société où une part croissante du commerce s'effectue à travers les écrans, ces marchés redonnent une dimension humaine à l'acte économique. On ne se contente plus de cliquer sur un produit puisque l'on rencontre la personne qui le propose.
UNE MONNAIE FONDÉE AUSSI SUR LA CONFIANCE
La June possède une particularité importante car pour devenir membre créateur, une personne doit entrer dans un système de certifications. Ce mécanisme vise à garantir qu'une identité corresponde bien à une personne réelle et unique. Le principe reste essentiel, puisque chaque membre certifié crée régulièrement une même part de monnaie. Sans contrôle, une personne pourrait multiplier les identités et bénéficier plusieurs fois du système. La certification constitue donc un élément central de la sécurité du réseau. Cette organisation donne également une place particulière aux relations humaines. La technologie assure le fonctionnement numérique de la monnaie, mais la communauté joue elle aussi un rôle essentiel. La June repose ainsi sur une combinaison originale : l'informatique pour gérer les échanges et les liens humains pour garantir la confiance entre les membres.
UNE EXPÉRIENCE QUI ENCOURAGE LE PARTAGE
La force de la June réside peut-être dans sa capacité à faire circuler des richesses qui resteraient autrement inutilisées. Un objet oublié dans un garage peut trouver un nouveau propriétaire. Une compétence peut permettre à une personne d'aider quelqu'un d'autre. Un retraité peut transmettre son expérience. Un artisan amateur peut faire connaître ses créations. La monnaie devient alors un outil facilitant les échanges plutôt qu'une simple accumulation de richesse. Cette philosophie rejoint également certaines préoccupations contemporaines comme réduire le gaspillage, favoriser la seconde vie des objets, encourager les échanges locaux et redonner de la valeur aux relations directes entre les citoyens.
LA JUNE, L'EXPÉRIENCE À SUIVRE
La June reste encore loin de pouvoir remplacer la monnaie traditionnelle. Elle ne permet pas de payer ses impôts ou toutes les dépenses indispensables de la vie quotidienne. Son utilisation dépend du nombre de personnes qui acceptent de proposer des biens et des services en G1. Mais son intérêt dépasse largement cette question. À une époque où les inégalités économiques alimentent les interrogations sur la répartition des richesses et sur le pouvoir des institutions financières, la June apporte une expérience concrète et originale. Elle pose une question essentielle car la monnaie pourrait-elle fonctionner autrement ? Sans prétendre bouleverser immédiatement l'économie mondiale, la June ouvre un terrain d'expérimentation. Elle encourage les rencontres, la coopération, le partage des compétences et la circulation des biens. Son message, finalement, reste profondément positif car la richesse d'une société ne se mesure pas seulement à l'argent accumulé dans les banques. Elle réside aussi dans les talents de ses citoyens, dans leur capacité à échanger, à créer et, peut-être, à inventer ensemble de nouvelles formes d'économie. A conseiller pour tous !
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