Natacha Polony candidate en 2027 ? La journaliste franchit un nouveau cap

05/10/2026

Par : James Régent

Natacha Polony ne s'est pas encore déclarée candidate à l'élection présidentielle de 2027. Mais la journaliste et essayiste vient de franchir un cap important en annonçant son entrée en politique et la création d'un mouvement destiné à rassembler ceux qu'elle considère comme les « orphelins de la politique ». Une candidature à l'Élysée n'est désormais plus exclue.

Une journaliste connue du grand public

Il y a encore quelques semaines, l'hypothèse aurait pu sembler improbable. Natacha Polony était avant tout journaliste, essayiste et commentatrice politique. Désormais, elle assume vouloir entrer directement dans le jeu. Dans un entretien accordé au Parisien le 28 août, la directrice de la revue L'Audace ! a annoncé le lancement d'un mouvement politique et, surtout, répondu à la question d'une éventuelle candidature présidentielle par une formule qui n'est pas passée inaperçue : « Je n'exclus rien. » Quelques jours plus tard, le 31 août sur RTL, elle a confirmé cette nouvelle orientation. « J'en ai assez de commenter le désastre », a-t-elle expliqué, affirmant vouloir « perturber l'entre-soi » et rassembler ceux qui ne se sentent plus représentés par l'offre politique actuelle. Le changement n'est donc plus seulement théorique. Natacha Polony commence à construire les conditions d'une éventuelle entrée dans la course à la présidentielle.

Une journaliste qui veut désormais agir

Le changement de posture est important. Natacha Polony ne se contente plus de défendre certaines idées dans ses chroniques, ses livres ou ses interventions médiatiques. Elle veut désormais créer une dynamique politique. Son nouveau mouvement doit s'adresser à ces Français qu'elle décrit comme les « orphelins de la politique » : des électeurs qui ne se reconnaîtraient pleinement ni dans la gauche actuelle, ni dans la droite, ni dans les principales forces susceptibles de s'affronter lors du prochain scrutin présidentiel. L'objectif affiché est de « perturber le jeu politique ». Et le choix des mots n'est pas anodin. Natacha Polony estime qu'il manque aujourd'hui une offre politique capable de sortir du duel entre formations installées et de proposer une autre voie. Elle veut notamment éviter ce qu'elle décrit comme un « vote sacrificiel », consistant à choisir au premier tour un candidat davantage par stratégie que par conviction. Autrement dit, son ambition serait de permettre à des électeurs de voter pour des idées auxquelles ils croient réellement, plutôt que de choisir systématiquement le candidat considéré comme le moins éloigné de leurs convictions.

Après Zemmour, Polony ? Une autre voie pour les journalistes en politique

Le parallèle avec Éric Zemmour est difficile à éviter. Comme lui, Natacha Polony s'est d'abord fait connaître par ses prises de position dans les médias avant d'envisager un passage direct à la politique. Mais la comparaison s'arrête rapidement là. La candidature de Zemmour en 2022 s'était construite sur une ligne très clivante, notamment autour de l'immigration, de l'identité et des questions de sécurité. Natacha Polony semble au contraire vouloir occuper un espace plus transversal, en rassemblant des électeurs venus d'horizons différents autour de la République, de la souveraineté, de l'industrie, de l'école et de la transmission. Son pari consiste donc moins à créer une nouvelle opposition qu'à réunir des Français qui ne se reconnaissent plus dans les oppositions existantes. Reste à savoir si cette volonté de rassemblement peut réellement se transformer en force électorale. Car une présidentielle ne se gagne pas seulement avec une ligne originale : encore faut-il parvenir à fédérer suffisamment d'électeurs autour d'elle.

Une ligne politique difficile à ranger

C'est probablement là que réside l'originalité de son positionnement. Natacha Polony revendique une filiation politique assez éloignée des clivages traditionnels. Elle se définit notamment comme héritière du gaullisme social de Philippe Séguin et de la gauche républicaine de Jean-Pierre Chevènement. Son discours mêle ainsi souveraineté, réindustrialisation, défense de l'État, école, transmission, laïcité et indépendance économique. Des thèmes qui peuvent trouver des électeurs aussi bien à gauche qu'à droite, sans pour autant correspondre parfaitement à l'une ou l'autre de ces familles politiques. Sur le plan économique, elle défend notamment une politique beaucoup plus volontariste en matière de production française. Sur RTL, elle a ainsi évoqué l'idée de « décréter l'état d'urgence de la production », avec notamment une priorité donnée aux entreprises françaises dans la commande publique. Cette volonté de réindustrialisation occupe également une place importante dans son dernier ouvrage, La France, corps et âme, publié en mai 2026. Le livre développe une vision de la France centrée sur sa culture, ses savoir-faire, son école, son industrie et son modèle républicain. Une ligne qui a donc le mérite d'être identifiable, mais qui présente également un défi majeur : comment transformer un positionnement situé entre plusieurs familles politiques en véritable électorat ?

« Les orphelins de la politique » : un électorat à conquérir

Toute la question est désormais de savoir si cet espace politique existe réellement dans les urnes. Natacha Polony fait le pari qu'une partie des Français ne se reconnaît plus dans les partis traditionnels. Elle cherche notamment à réunir des électeurs attachés à la République, à la souveraineté, à la production nationale, à l'école et à la transmission, mais qui ne souhaitent pas pour autant rejoindre les formations actuellement dominantes. Sur le papier, cet électorat peut sembler important. Dans les faits, il reste à démontrer qu'il peut se transformer en une force électorale suffisamment importante pour peser dans une présidentielle. Car entre identifier des électeurs potentiels et les convaincre de voter pour soi, il existe un immense fossé. Une personnalité connue peut bénéficier d'une forte audience médiatique sans nécessairement disposer d'un réseau militant, d'élus locaux ou d'une implantation suffisante pour mener une campagne présidentielle. Et le calendrier est particulièrement serré : la présidentielle de 2027 se rapproche désormais à grande vitesse.

Une candidature qui pourrait rebattre les cartes

Si Natacha Polony décidait effectivement de se présenter, son arrivée ne serait probablement pas neutre. Elle pourrait aller chercher des électeurs actuellement hésitants, tentés par l'abstention ou déçus par les candidatures traditionnelles. Son discours sur l'industrie et la souveraineté pourrait également séduire une partie de l'électorat de droite, tandis que sa référence à la gauche républicaine et au gaullisme social pourrait lui ouvrir d'autres portes. C'est précisément ce positionnement qui pourrait lui permettre de toucher plusieurs familles politiques sans appartenir complètement à aucune. 

Mais il pourrait aussi devenir sa principale difficulté. En politique, être difficile à classer peut permettre de rassembler. Cela peut aussi empêcher de constituer un électorat suffisamment solide. Le risque serait alors de séduire beaucoup de Français sur certains sujets sans parvenir à en convaincre suffisamment de faire de Natacha Polony leur choix au premier tour. Pour autant, dans une présidentielle particulièrement fragmentée, une candidature n'a pas besoin de réunir des dizaines de pourcents pour modifier les équilibres. Quelques points peuvent suffire à changer le rapport de forces entre les principaux candidats.

De la notoriété à la candidature : le plus difficile commence

Natacha Polony possède déjà ce que beaucoup de candidats mettent des années à construire : une notoriété nationale et une identité politique clairement identifiable. Elle dispose également d'une actualité éditoriale avec La France, corps et âme, d'une revue, L'Audace !, et multiplie désormais les déplacements et les rencontres à travers le pays. Mais une campagne présidentielle demande davantage qu'une voix et des idées. Il faut une équipe, des militants, une organisation territoriale, des relais locaux, des financements et, surtout, être capable de transformer une audience médiatique en bulletins de vote. C'est probablement là que se situe le véritable test pour Natacha Polony. Passer du commentaire politique à l'action politique change complètement d'échelle. Une chronique permet de défendre une conviction. Un livre permet de développer une vision. Une campagne exige de convaincre, de mobiliser et de s'implanter sur le terrain. La journaliste possède déjà la première partie du parcours. Reste à savoir si elle peut construire la seconde.

Alors, Natacha Polony candidate ?

Officiellement, non. Natacha Polony n'a pas annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Elle affirme simplement ne rien exclure et a lancé un mouvement politique pour tenter de rassembler ceux qu'elle estime aujourd'hui laissés sans véritable représentation. Mais le changement de statut est déjà considérable. Il y a encore quelques mois, on pouvait se demander si Natacha Polony envisageait réellement de se lancer en politique. Désormais, la question est plutôt de savoir jusqu'où elle ira. La journaliste est entrée dans l'arène. Reste maintenant à savoir si elle souhaite seulement y peser ou tenter d'aller jusqu'à l'Élysée. Dans une présidentielle où chaque nouvelle candidature peut modifier les équilibres du premier tour, le « je n'exclus rien » de Natacha Polony mérite désormais d'être pris très au sérieux.

Pour l'instant, elle ne dit pas oui. Mais contrairement à hier, elle ne dit plus non.

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