F1, une nouvelle écurie en 2026 !

26/09/2025

Par : Alain Villat

F1, une nouvelle écurie en 2026 ! Les changements de noms, nous y sommes habitués : Minardi devenue Toro Rosso, puis AlphaTauri et aujourd'hui Racing Bulls… ou encore Jordan, transformée en Midland, puis Spyker, Force India, Racing Point, et enfin Aston Martin. La Formule 1 a souvent changé de visage, mais rarement vu naître une écurie de toutes pièces.

Une première depuis 2016

Il faut remonter à 2016, avec Haas F1 Team, pour retrouver une véritable création. En 2026, dix ans plus tard, ce sera chose faite avec Cadillac Formula 1 Team. La marque américaine alignera sur la grille deux pilotes d'expérience, Sergio Pérez et Valtteri Bottas. Mais que peut-on attendre de cette nouvelle aventure, à court comme à long terme ? Avec Cadillac, le plateau comptera de nouveau 11 écuries. Et ce n'est peut-être qu'un début : Caterham envisage un retour en 2027, tandis qu'Otmar Szafnauer (ex-Alpine et Racing Point) rêve de lancer sa propre équipe d'ici 2028-2029. Même Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, évoque l'idée d'accueillir un constructeur chinois pour renforcer la présence des « grands pays » dans la discipline. Avant de se projeter, petit retour sur les précédents.

Entre brillante réussite…

La F1 a rarement connu des créations récentes, et la plupart n'étaient que des rebrandings. Mais impossible de ne pas citer Brawn GP. Fondée en 2009 sur les cendres de Honda, l'écurie de Ross Brawn a écrit l'une des plus belles histoires du sport. Avec Jenson Button et Rubens Barrichello, deux pilotes expérimentés et complémentaires, Brawn GP a dominé la saison. Résultat : 8 victoires en 17 courses, un titre constructeur, un titre pilotes pour Button et une 3ᵉ place au championnat pour Barrichello. Malgré ce succès éclatant, Ross Brawn vendra son équipe à Mercedes, qui devra attendre 2014 pour entrer dans son ère de domination absolue (8 titres consécutifs). En 2016, Haas F1 Team est arrivée avec un modèle inédit : une écurie américaine s'appuyant sur des partenariats techniques solides (notamment avec Ferrari) pour entrer directement dans la course. Dès ses débuts, Haas a marqué des points et prouvé qu'un projet bien structuré pouvait s'ancrer dans la durée.

…Création réussit…ou presque…

À l'inverse des belles réussites, la saison 2010 a marqué l'arrivée de trois nouvelles équipes qui n'ont jamais réellement trouvé leur place : Lotus Racing, Virgin Racing et Hispania Racing (HRT). Trois projets, trois désillusions, chacun à sa manière. Lotus Racing, devenue ensuite Caterham, est sans doute celle qui s'en est le mieux sortie. Présente de 2010 à 2014, l'écurie a toujours cherché à progresser, recrutant des pilotes solides (Jarno Trulli, Heikki Kovalainen) et affichant une vraie volonté de s'installer durablement. Mais faute de moyens comparables aux grandes équipes, Caterham a plafonné en fond de grille et n'a jamais inscrit le moindre point en cinq saisons. Son retrait en 2014 a laissé un goût amer : celui d'un projet sérieux, mais condamné par la logique budgétaire de la F1 moderne.

…Et terrible désillusion

Virgin Racing, portée par Richard Branson et son groupe, aurait pu être une belle histoire. La marque Virgin, synonyme d'innovation et d'audace, semblait parfaitement correspondre à l'esprit de la F1. Mais sur la piste, ce fut un fiasco : deux saisons, zéro point. Dès 2012, l'équipe est vendue et devient Marussia, puis plus tard Manor. Les résultats ne changent guère : 2 petits points marqués en 2014 (grâce à Jules Bianchi à Monaco), avant une disparition définitive en 2016. De la promesse initiale, il ne restera que la mémoire de Bianchi, dont le talent aurait peut-être changé le destin de l'écurie.

HRT, l'exemple à ne pas suivre

Enfin, Hispania Racing Team (HRT) reste sans doute l'exemple le plus frappant des difficultés d'un « petit poucet » en F1. Arrivée en 2010, la structure espagnole s'appuie sur des pilotes souvent choisis autant pour leur budget que pour leur talent. Parmi eux, Bruno Senna, neveu du légendaire Ayrton Senna, qui fait ses débuts en Formule 1 dans l'anonymat d'une voiture non compétitive. L'écurie devient rapidement synonyme de voitures dépassées, de manque de financement chronique et de grilles de départ occupées par des pilotes en rotation permanente pour leurs budgets (Chandhok, Yamamoto, Klien). Pourtant, HRT a tenté de se stabiliser. En 2012, la dernière saison de son existence, l'équipe engage deux pilotes à temps plein : Pedro de la Rosa, vétéran espagnol respecté, et Narain Karthikeyan, déjà présent en 2011. Mais la monoplace reste désespérément en retrait, incapable de rivaliser, et l'aventure s'achève après trois saisons, 56 départs et… zéro point marqué. HRT aura symbolisé à la fois la passion et la dure réalité : en F1, sans budget massif ni partenaire technique solide, l'aventure tourne vite au cauchemar.

Et alors, quel scénario pour Cadillac Formula 1 Team ?

L'arrivée de Cadillac n'est pas un coup de tête : dès 2023, General Motors annonçait son projet, avec l'objectif de devenir aussi motoriste. L'écurie sera implantée à la fois aux États-Unis (Fishers, Charlotte, Warren) et en Angleterre, gage de sérieux et de ressources solides. Le choix de deux pilotes aguerris comme Pérez et Bottas montre une volonté claire : accélérer le développement de la monoplace en s'appuyant sur leur expérience. Reste à voir si Cadillac saura éviter les écueils de Virgin ou HRT, et pourquoi pas s'inspirer de Haas ou même de Brawn GP.

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle écurie ravive l'espoir d'un plateau plus fourni et plus compétitif. Cadillac a les moyens, les pilotes et l'ambition. Reste désormais à transformer l'essai.

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