La chasse aux trophées, l'acte immoral et dévastateur pour la faune

07/01/2026

Par : Joël Pierre Chevreux

La chasse aux trophées l'acte immoral et dévastateur pour la faune. Cette pratique, l'une des pratiques les plus abjectes et cruelles qui soit consiste à tuer des animaux rares ou menacés. Non pas pour des raisons alimentaires ou de survie, mais simplement pour garder une partie de leur corps (peau, tête, dents..) en souvenir. Cette activité ignoble fait régulièrement la une des media, généralement en raison de son côté choquant et cynique.

Regardez bien cette photo...

...que nous publions à la "une". Nous l'empruntons à 30 millions d'amis car ce cliché partagé sur les réseaux sociaux par une chasseuse sud-africaine, posant fièrement aux côtés du cadavre d'une girafe, a ravivé le débat. L'on pourrait penser qu'une femme, un être qui donne la vie pourrait être répugnée par cette pratique ignoble. Il n'en ai rien ! Bien au contraire, cette image a profondément bouleversé, car elle illustre à quel point la chasse en boîte une méthode où les animaux sont confinés et n'ont aucune chance de fuir demeure une réalité d'une brutalité indescriptible. Aujourd'hui, je voulais à dénoncer cette pratique, en analysant les conséquences morales, écologiques et sociales, tout en démystifiant les tentatives de justification qu'en font les chasseurs.

Elle exhibe son trophée, le cynisme dans toute sa splendeur

Le 13 février, une chasseuse sud-africaine a posté sur Facebook une photo d'elle-même, fièrement posant aux côtés d'une girafe morte. Ce geste, aussi arrogant que cruel, a choqué de nombreux internautes. Cette femelle, car il n 'y a pas d'autre mot pour la qualifier, n'hésite pas à se vanter d'avoir abattu ce que "elle appelait la girafe de ses rêves". Cette manière de se glorifier d'une telle atrocité révolte. Mais ce qui m'a encore plus perturbé, c'est sa description de cette "expérience" : après des années de recherche, elle raconte avoir trouvé un mâle girafe "noir et vieux" qu'elle a tué après l'avoir recherché activement. Cet acte est qualifié de "cadeau" de Saint-Valentin offert par son mari, qui, semble-t-il, l'a pleinement soutenue dans ce projet macabre. Cette justification, débilité absolue, montre à quel point la vie de l'animal est réduite à un simple objet de collection. Le pire dans tout cela, c'est qu'une girafe a été tuée dans un parc privé, une pratique typique de la "chasse en boîte", où les animaux sont enfermés et ne peuvent s'échapper. Ce genre de "chasse" simulacre, parodie de sport, où l'animal n'a aucune chance de se défendre nous écoeure profondément. Comment peut-on réduire un être vivant à une simple marchandise, un trophée d'une société déconnectée de la réalité, une société qui méprise la vie animale au profit d'un narcissisme dégoûtant ?

Les prétendues motivations de conservation, mensonge éhonté

Ce qui me choque encore davantage, c'est la justification qu'avancent ces chasseurs pour défendre leur pratique. La chasseuse en question, comme tant d'autres, affirme que la chasse aux trophées contribue à la préservation des espèces animales menacées, notamment par la vente de permis de chasse, dont les fonds seraient utilisés pour financer la conservation. Elle prétend que sans la chasse, les animaux perdraient leur "valeur" et disparaîtraient. Cette justification, bien qu'aberrante, est malheureusement largement propagée par les partisans de cette pratique. Cependant, je tiens à souligner que cette argumentation est non seulement trompeuse, mais qu'elle est surtout un mensonge éhonté. Le Dr Mark Jones, de la fondation Born Free, a démystifié cette vision. Selon lui, la chasse aux trophées n'est en aucun cas un moyen efficace de préserver la faune, bien au contraire. Les fonds récoltés par la vente de permis de chasse ne vont pas aux programmes de conservation. Ils finissent dans les poches des propriétaires de fermes privées, qui élèvent des animaux pour satisfaire cette industrie dévastatrice. De plus, ces fonds ne contribuent guère à la préservation des habitats naturels ni à l'éducation des populations locales. Ce système profite à une minorité, mais ne fait absolument rien pour la faune sauvage dans son ensemble.

Le déclin des girafes, l'exemple accablant parmi tant d'autres

L'un des exemples les plus frappants de l'impact de la chasse aux trophées est celui des girafes. Leur population a chuté de 40 % en 30 ans, et aujourd'hui elles sont classées parmi les espèces vulnérables par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). L'une des principales raisons de ce déclin est, bien sûr, la chasse aux trophées. Des fermes à gibier privées, élevant des animaux pour répondre à la demande de chasseurs fortunés, sont devenues des centres de production de trophées. Ces fermes, particulièrement en Afrique du Sud, abritent des lions, des éléphants, des girafes et d'autres espèces qui sont ensuite tuées pour satisfaire les caprices des plus riches. Il m'est insupportable de voir ces animaux, qui sont des symboles de la beauté sauvage de notre planète, réduits à des objets de collection. En payant des sommes faramineuses pour un permis de chasse, les chasseurs s'offrent le "privilège" d'abattre ces créatures. Les girafes, comme d'autres espèces en danger, sont sacrifiées sur l'autel de la vanité humaine.

La chasse, un désastre pour l'équilibre naturel

L'argument des chasseurs de trophées, qui prétendent que leur activité aide à la conservation des espèces, est selon moi une falsification pure et simple. En réalité, cette pratique nuit gravement à l'équilibre des écosystèmes. Les études menées par des organisations environnementales démontrent que la chasse aux trophées n'a que peu d'impact positif sur la protection des habitats naturels ou la lutte contre le braconnage. Au lieu de financer des actions concrètes de conservation, les fonds générés par la vente de permis vont principalement aux poches des propriétaires de fermes privées, souvent en dehors des circuits de protection véritable de la faune. De plus, en éliminant les mâles dominants de certaines espèces, la chasse perturbe gravement les groupes sociaux d'animaux. Cela peut entraîner un déséquilibre écologique, affectant toute la structure sociale des espèces et, par conséquent, l'environnement naturel.

Témoignage éloquent

"Je suis écologiste et je travaille avec plusieurs organisations qui luttent contre la chasse illégale, mais aussi contre la chasse dite 'légale'. Ce qui me choque profondément, c'est la manière dont des individus, comme cette chasseuse sud-africaine, se glorifient de la souffrance d'un être vivant. Les girafes, les lions, les éléphants, ces animaux ne sont pas là pour être exhibés comme des trophées dans des salons privés. Chaque animal a un rôle vital dans son écosystème. La destruction de ces espèces n'a pas seulement des conséquences pour elles, mais pour toute la biodiversité qui dépend de leur présence. Ce que les chasseurs prétendent être 'un acte de conservation' est en réalité un mensonge. L'argent récolté ne sert qu'à remplir les poches de quelques-uns, tout en enrichissant les industries qui exploitent la faune. Pour moi, il est urgent que la société se réveille et comprenne que ce genre de pratique ne doit pas être toléré. Nous avons besoin de solutions responsables, basées sur le respect de la faune dans son habitat naturel. Les animaux doivent vivre en liberté, sans craindre d'être tués pour satisfaire l'orgueil de l'Homme."

Une pratique à abolir d'urgence

Je suis convaincu que la chasse aux trophées ne doit plus avoir sa place dans notre monde. Cette activité n'est ni un moyen de conservation, ni une pratique acceptable en 2023. Les défenseurs des animaux, les écologistes et tous ceux qui aiment la faune sauvage doivent s'unir pour mettre fin à cette cruauté. Au lieu de tuer des espèces menacées pour un plaisir personnel, il est essentiel d'investir dans des initiatives de conservation respectueuses de l'environnement. Il est temps de défendre un avenir où les animaux sauvages pourront vivre en toute sécurité, loin de la menace de la chasse et des atrocités qu'elle implique.

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