Philippe d'Orléans alias Jeanne d’Arc
Par : Aloïs Lang-Rousseau
"Philippe d'Orléans alias Jeanne d'Arc". Dans une plaidoirie implacable devant le tribunal de l'Histoire, Joël Pierre Chevreux exhume une vérité enfouie sous des siècles de mystification. Philippe d'Orléans, fils d'Isabeau de Bavière et de Louis d'Orléans, ne fut pas seulement un prince oublié, mais la véritable figure derrière celle que l'on nomme : « Jehanne la Pucelle ». S'appuyant sur des documents historiques minutieusement analysés, l'auteur démontre comment une illusion nationale a fait d'un combattant déterminé une sainte, et d'un stratège un symbole mystique. Par une argumentation rigoureuse et sans concession, il révèle les manipulations politiques, les enjeux de pouvoir et les artifices de propagande qui ont façonné la légende de Jeanne d'Arc. Réhabilitation ou imposture ? Vérité historique ou mythe forgé pour servir un pouvoir ? La sentence appartient désormais au lecteur. Un ouvrage audacieux qui invite à revisiter l'histoire de France sous un jour radicalement nouveau et à questionner la frontière entre vérité et légende. Binetôt en vente sur infopremeire.fr sous forme de livre numérique. Joël Pierre Chevreux à répondu aux questions de Aloïs Lang-Rousseau.
Alois Lang Rousseau : Qui êtes-vous Joël Pierre Chevreux ?
Joël-Pierre Chevreux : Il est toujours difficile de parler de soi ! J'ai partagé ma vie entre le secteur médical et la presse écrite. Ma passion pour l'Histoire m'a ouvert bien grandes ses portes à travers les récits de l'énigme du temple, avec le récit du fils de Louis XVI, ses supposées substitutions, et l'étude de tant d'autres figures originales comme celles de Talleyrand et celles de nos contemporains depuis la révolution jusqu'à nos jours.
Alois Lang Rousseau : Qu'est-ce qui vous a conduit à explorer cette théorie audacieuse sur Jeanne d'Arc ?
Joël-Pierre Chevreux. : Cette passion prend ses sources dans les enseignements de mon grand-père paternel féru d'histoire, incollable sur les faits et les dates, un gaulliste, qui me parlait beaucoup du général. Il était notamment prolixe sur le sujet de la guerre de Cent Ans et ne croyait nullement à cette histoire de bergère, sauveuse de la France, prétendant que seul un chevalier aguerri au combat, à la guerre, pouvait tenir ce rôle militaire et accomplir ce genre de mission...
Alois Lang Rousseau : Quelles ont été vos premières interrogations sur la version officielle de Jeanne d'Arc ?
Joël-Pierre Chevreux : Écolier, tenant les paroles de mon grand-père pour sacrées, un jour, au cours élémentaire de deuxième année, je me suis permis de dire tout haut en pleine leçon sur le sujet : " Elle n'a jamais existé ! Immédiatement, l'enseignant a répliqué : Qu'est-ce qui te fait dire cela ? Mon grand-père m'a expliqué le sens de la guerre de Cent Ans et je pense que cette femme n'a pas pu exister ! Il me demanda de me taire et de rester en classe pendant la récréation. Je croyais qu'une punition m'attendait et je me disais :Tu aurais dû, encore une fois, te taire... Lorsque nous avons été seuls, je fus surpris par sa réaction. Je suis obligé de respecter le programme de l'éducation nationale. Mais je suis d'accord avec les idées de ton grand-père, et j'aimerais bien le rencontrer. J'ai donc organisé ce rendez-vous et ils se sont retrouvés dans un café, devant un pastis. Là, ils ont longuement échangé, tombant d'accord sur le sens de cette histoire totalement déjantée, en me faisant promettre de ne rien dévoiler de l'existence de cette rencontre auprès de mes camarades de classe. Ce que je fis... jusqu'à aujourd'hui (rires). Depuis, j'ai acquis la conviction que cette fameuse Jehanne n'avait jamais existé, mais il fallait encore le prouver et surtout ne plus tomber dans le prêt à penser mais, au contraire, aller sur le terrain rechercher les informations.
Alois Lang Rousseau : Quels indices historiques vous ont semblé suspects ou incohérents ?
Joël-Pierre Chevreux : La teneur générale de cette épopée ! Elle ne repose que sur des mystères, des éléments flous et des incohérences entretenues par des séries successives, à travers les siècles, d'affabulations et de mensonges. Ce phénomène confère au récit un aspect motivant pour les personnes enfermées dans le prêt à penser imposé depuis leur enfance à travers les légendes. Toutefois, le caractère de cette épopée reste non conforme à l'Histoire. C'est pourquoi, il m'a invité à me pencher sur une analyse pragmatique. Parmi les indices suspects, entre autres, le caractère essentiellement politique et non religieux de la guerre de Cent Ans mettant au jour les manœuvres visibles des gens du royaume pour chasser les Anglais en créant le stratagème de Jehanne. Et puis, il y a aussi le côté invisible du personnage, ses multiples facettes contradictoires, la faisabilité de son parcours de Vaucouleurs à Chinon, véritable sac d'incohérences et de stupidités qui le rendent impossible à réaliser pour une jeune fille, même inspirée par Dieu et sans expérience militaire.
Alois Lang Rousseau : À quel moment avez-vous fait le lien avec Philippe d'Orléans ?
Joël-Pierre Chevreux : Avant d'arriver à cette conclusion, il est essentiel de replacer les faits dans leur contexte : comprendre la réalité de la guerre de Cent Ans, saisir la nature du royaume de France au XVe siècle, explorer ce qui se passait réellement à Domrémy et, enfin, dissocier cette épopée de la figure divine pour les nombreuses raisons exposées dans le livre. C'est à partir de cette analyse que s'impose naturellement la figure de Philippe d'Orléans, qui a consenti à endosser ce rôle...
Alois Lang Rousseau : Comment avez-vous procédé pour explorer cette thèse ?
Joël-Pierre Chevreux : J'ai abordé ce travail dans l'esprit d'une exploration intellectuelle, adoptant une approche post-structuraliste et post-discursive. Mon analyse s'inscrit dans une perspective historique, tout en intégrant également un angle psychologique, mettant en lumière la manipulation des masses. Ce faisant, la fragilité des éléments constituant cette épopée se révèle, notamment en ce qui concerne les émotions, les comportements et les processus mentaux des protagonistes à l'origine de la création de cette légende. En tant que patriote, j'ai également cherché à interroger l'utilisation politique de son image, en particulier son appropriation par le nationalisme. Je propose une réflexion critique sur les dérives de cette idéologie, qui conduit souvent à des divisions sociales, des conflits, la répression des droits individuels, la xénophobie et d'autres formes d'exclusion. Dans cet ouvrage, mon analyse s'est principalement concentrée sur deux documents d'époque, que je considère comme les plus pertinents pour développer ma thèse, en excluant les embellissements fantasmagoriques littéraires qui entourent cette histoire. Ainsi, seules les célèbres lettres de Jehanne et les minutes des eux procès m'ont intéressé pour une analyse sémantique. En croisant les indices de ces actes, les incohérences de cette épopée émergent rapidement, s'effondrant comme un château de cartes face aux contradictions évidentes qui y apparaissent.
Alois Lang Rousseau : Pourquoi cette caricature éloquente d'une plaidoirie pour vous adresser à vos lecteurs ?
Joël-Pierre Chevreux : Mon objectif consiste à traiter sous une forme originale, celle d'une plaidoirie adressée à un Tribunal imaginaire de l'Histoire, un réveil de consciences, comme l'aurait fait l'avocat défenseur d'une cause, engagé pour plaider en faveur d'un intérêt collectif, dans un cadre historique, juridique et social. Je souhaite donc, à travers cette réflexion, faire évoluer le débat pour protéger le droit fondamental de l'Histoire et du débat public qui est celui de fournir des faits cohérents et non des affabulations… en proposant des interprétations mieux adaptées à une réalité historique.
Alois Lang Rousseau : À quel moment avez-vous ressenti le besoin d'écrire ce livre et pourquoi ?
Joël-Pierre Chevreux : Motivé par mon engagement politique universaliste et le profond attachement au souvenir de la mémoire du général de Gaulle, ma passion pour l'Histoire m'invitait, depuis longtemps, à revisiter le travail des historiens, en révisant le sens de cette légende, dans le but de permettre de restaurer la légitimité de notre Histoire. Certains critiqueront cette immersion audacieuse dans le XVe siècle, y voyant un aspect fantaisiste ou incohérent, contestant, d'une part la version officielle, et d'autre part, réalisée en dehors de la méthodologie universitaire classique. Mon objectif est avant tout d'interpeller les historiens sur des questions demeurées sans réponse, tout en incitant à un retour au réalisme dans l'étude de cette épopée, afin qu'ils transmettent des informations cohérentes, exemptes d'irrationalité.
Alois Lang Rousseau : Avez-vous rencontré des résistances de la part des historiens ou des institutions ? Comment pensez-vous que le grand public réagira face à une remise en cause aussi radicale ?
Joël-Pierre Chevreux: Je n'ai pas encore rencontré trop de résistance ! Beaucoup de questionnements. C'est normal ! Mais je m'attends à recevoir des banderilles des plus assidus à cette épopée (rires)... Remettre en cause une légende aussi pénétrée dans les esprits ne peut qu'ouvrir un débat passionnant et sûrement, aussi, de multiples railleries.
Alois Lang Rousseau : Une découverte en particulier vous a-t-elle marqué au cours de vos recherches ?
Joël-Pierre Chevreux : Oui, au fil de mes découvertes, j'allais de surprise en surprise dans les contradictions qui bordent cette épopée. Et à chaque fois, je me disais : « Mais comment les historiens peuvent-ils adhérer à autant d'incohérences ? » Les vérifications de la virginité de la supposée Jehanne m'ont réservé lent bien des surprises, comme elles en réserveront aux inconditionnels du personnages…
Alois Lang Rousseau : Qui aurait eu intérêt à imposer ce récit au peuple ?
Joël-Pierre Chevreux : Tout naturellement, le pouvoir en place de l'époque et ses services secrets y afférents. Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII, a sûrement fomenté ce stratagème. Il fallait un « miracle » pour sauver le royaume. Il ne venait pas ! Alors elle l'a créé et le succès de l'opération s'est répandu dans toute l'Europe...
Alois Lang Rousseau : Trouvez-vous des parallèles entre cette manipulation et d'autres mythes ?
Joël-Pierre Chevreux : Cette histoire repose sur les parfaites copies de la vie de Jésus-Christ et de la Vierge Marie. Les éléments comparables sont époustouflants !
Alois Lang Rousseau : Comment expliquez-vous les témoignages et récits contemporains qui affirment l'existence de Jeanne d'Arc ?
Joël-Pierre Chevreux : Après la capture de Philippe d'Orléans, à Compiègne, imaginez la stupéfaction des Bourguignons et des Anglais en découvrant que la célèbre Pucelle n'était autre... qu'un homme. L'admettre publiquement les aurait placés dans une position des plus embarrassantes. Quel camouflet ! Eux qui pensaient affronter une envoyée divine se retrouvaient face à une supercherie d'une ampleur inouïe. Dès lors, il fallait poursuivre le concept de Jehanne. Puis, les récits multipliés, au fil des siècles, ont transformé et embelli l'histoire pour dissimuler cet affront. C'est ainsi que la légende a pris forme et s'est imposée dans l'Histoire...
Alois Lang Rousseau : Pensez-vous que l'Histoire est une construction malléable, constamment réécrite ?
Joël-Pierre Chevreux : Oui, dans une certaine mesure, car elle peut être réinterprétée, redéfinie et adaptée selon les perspectives et les contextes. L'histoire, vérité non figée, mais un récit construit à partir de sources, de témoignages et de documents partiellement subjectifs. Les événements historiques sont souvent filtrés par ceux qui les racontent et peuvent être influencés par des idéologies, des intérêts politiques ou des visions du monde particulières. Cela explique que l'histoire d'un pays est souvent réécrite ou redéfinie en fonction des besoins du présent.
Alois Lang Rousseau : Après avoir mené cette enquête, votre vision de l'Histoire a-t-elle changé ?
Joël-Pierre Chevreux : Non ! Franchement, je n'ai qu'un esprit révisionniste que pour certains chapitres de l'Histoire. C'est le cas pour cette épopée. Cela dit, il y a des faits que je ne remets nullement en cause. Je ne suis pas du tout animé par un esprit négationniste. Il y a des « détails », si vous voyez ce que je veux dire, qui me dérangent lorsqu'on les exprime d'une manière aussi brutale et injustifiée.
Alois Lang Rousseau : Si une vérité officielle peut être aussi déformée, comment le public peut-il apprendre à mieux discerner la réalité historique ?
Joël-Pierre Chevreux : C'est là toute la question de l'apprentissage à s'enfuir du prêt à penser que nous offre l'histoire, mais aussi les media, les religions, et aujourd'hui les réseaux sociaux, la plupart, colporteurs de fausses informations et de messages néfastes... Il faut donc aller vérifier les sources le plus loin possible pour mieux approcher la vérité. C'est ce que j'ai fait avec l'épopée johanique.
Alois Lang Rousseau : Dans le cadre de votre action politique, vous faites aussi un parallèle entre cette histoire et l'Union Européenne...
Joël-Pierre Chevreux : Une majorité de Français, certains patriotes, restent attachés au symbole de « Jeanne d'Arc » sans chercher à approfondir les éléments constitutifs de son mythe. Ils voient à travers elle une image de croyances, de valeurs, mais surtout, un idéal de paix. La signification symbolique de cette héroïne, sujette à interprétations, rencontre des caractères différents, constatons-le, dans les différents mouvements où elle est représentée. Notre pays a adopté Jehanne, identité culturelle, dans l'identification d'un bon nombre de domaines. Ce fait doit, prioritairement, éveiller une prise de conscience généralisée, car, avec le modèle actuel de L'Union européenne, la grandeur de la France, diminuée par une restriction de sa souveraineté nationale, doit ouvrir une suspicion envers cette supranationalité et maintenir un rôle de premier plan dans les affaires européennes. La quiétude d'un pays espérée par nos aînés au sortir des deux dernières guerres espérant la formation de « l'Europe » n'a aucune commune mesure avec l'Union européenne telle qu'on nous l'a fabriquée, symbole des marchés financiers et des lobbys avec ses Traités, véritables rouleaux compresseurs des peuples.

