Marseille Première - 01 octobre

01/10/2025

Par : Gilbert Villeneuve

À Marseille, la politique n'est pas un art, c'est un sport de combat… et de comédie. Entre coups d'éclat, alliances improbables et déclarations fracassantes, la classe politique locale transforme chaque semaine en feuilleton à rebondissements. Plongée satirique dans une ville où l'on ne s'ennuie jamais en réunion de conseil.

« Budget participatif » ou comment faire semblant d'écouter

À Marseille, la mairie a lancé la grande messe du budget participatif. Les habitants votent, proposent… et découvrent que les projets retenus ressemblent étrangement à ceux déjà décidés en interne. L'art de l'écoute collective façon sardine : on fait mine de consulter, et on tranche en coulisses. Chapeau bas à l'innovation démocratique !

Sécurité : la nouvelle saison du « choc d'autorité »

Une semaine, un plan d'urgence contre les trafics. Les ministres paradent, promettent la « tolérance zéro » le tout devant les caméras bien sûr. Pendant ce temps, les habitants continuent d'entendre les pétards (de kalach) chaque nuit. À Marseille, la sécurité, c'est comme la météo tout le monde en parle, personne n'y croit.

L'écologie entre deux poubelles

La mairie multiplie les conférences sur la transition verte, tout en découvrant de nouveaux dépôts sauvages chaque matin. Ronds-points fleuris, tramways « propres », mais le Vieux-Port sent toujours autant l'eau de javel. Ici, la planète attendra que le ramassage passe plus souvent.

La droite à la reconquête... du micro

Martine Vassal et Renaud Muselier jurent qu'ils vont reprendre la ville « bientôt ». Pour l'instant, ils maîtrisent surtout l'exercice du point presse où tout le monde se dit « uni »… jusqu'à la prochaine petite phrase sur l'incompétence de l'autre. Le vrai spectacle, c'est la scène médiatique.

Payan, champion du tour de piste

Le maire Benoît Payan arpente les quartiers, multiplie les inaugurations de bancs et de parkings à trottinettes. À défaut de voir la ville transformée, on peut toujours saluer l'endurance : à Marseille, le marathon politique se court à coups de rubans tricolores.

Le logement indigne, grande cause éternelle

À chaque visite ministérielle, on promet la rénovation urgente des habitats insalubres. Résultat depuis dix ans ? Beaucoup de diagnostics, d'audits, et, miracle, toujours plus de plans d'urgence… dont la date d'application est prévue pour le prochain quinquennat. On applaudit la stratégie : repousser l'inacceptable, c'est aussi une spécialité locale.

Les conseils de quartier, stand-up politique

Les réunions publiques à Marseille ont l'allure de soirées d'impro. Les élus viennent avec des promesses, repartent avec les doléances… ou des insultes fleuries. Le tout fini autour d'un verre : à Marseille, la démocratie, c'est avant tout de la convivialité (et beaucoup d'autodérision).

La société civile entre en piste… ou pas

Frédéric Collart, fraîchement candidat hors parti, jure vouloir « rendre Marseille à ses habitants ». Belle promesse, mais ici, la société civile finit en général sur un tract ou (pire) sur une liste dissidente à moins de 2%. Courage, la route est longue entre les plateaux télé et les urnes du Panier.

L'union de la gauche : mode d'emploi

Samia Ghali, Olivia Fortin et Pascaline Lecorché multiplient les appels à l'unité… qu'on peine à distinguer dans la vraie vie. À chaque alliance, une nouvelle scission. Mais à Marseille, la division a ceci de magique : elle parvient à être à la fois un programme et une tradition.

Le plan « Marseille en grand »… petits effets

Le plan gouvernemental pour transformer la ville existe depuis des années. À chaque passage de ministre, on double les chiffres, on signe un avenant et on promet « plus d'ambition ». Résultat ? Encore plus de déplacements officiels, et toujours autant de trous dans les trottoirs. Marseille, c'est la ville où l'on mesure le changement à coups d'effets d'annonce.

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