Marseille Première - 15 octobre
Par : Gilbert Villeneuve
Plongée dans la politique marseillaise d'octobre 2025 : entre volte-face, coalitions en demi-teinte et débats aussi fumeux qu'un pastis sous un soleil de plomb, la ville phocéenne révèle, l'espace de quelques jours, l'étendue de son art du compromis… et de l'immobilisme théâtral. Entre annonces tonitruantes et décisions reportées, bienvenue dans un feuilleton où l'humour est souvent la plus lucide des analyses.
Le bal des décisions molles
À Marseille, la réforme des retraites fait l'objet de débats passionnés, surtout autour des machines à café de la mairie. Comme d'habitude, chaque camp annonce « une position ferme ». À la fin, on a surtout la fermeté dans la mollesse : une suspension qui n'engage à rien, mais donne l'impression que tout le monde bosse dur. Les socialistes font des moulinets, les macronistes jouent du violon. La seule chose qui avance, c'est le nombre de réunions inutiles.
Municipales, l'écolo joue à pile ou face
Chez les écologistes, on adore voter… Pour reconduire la coalition de gauche, ils organisent un « choix du chef de file » aussi secret que le code du port de Marseille. Les socialistes, qui ont l'Union sacrée dans l'ADN, attendent la fin du mois… pour se décider « peut-être ». On a inventé la démocratie participative version camembert : plus c'est long, plus ça pue.
Airbnb : la mairie chasse le fantasme du contrôle
Grande nouvelle, la mairie attaque les multipropriétaires Airbnb au tribunal. Les débats promettent d'être aussi croustillants qu'une visite de routine de la police municipale. On fustige « des cas emblématiques d'abus » tout en espérant que personne ne rappelle que tout Marseille rêve de devenir rentier. L'adjoint au logement fait semblant d'être furieux mais, spoiler : la saison des Airbnb à Marseille n'est pas prête de s'arrêter.la-croix
L'instabilité politique, version boulevard du Prado
L'ARS veut quitter La Joliette à cause du coût énergétique, mais en vrai c'est surtout pour fuir l'ambiance politique : chaque semaine, un nouveau projet sabote le précédent. Les investisseurs regardent Marseille comme on regarde une série Netflix : c'est plein de rebondissements et ça finit toujours par une surprise… le départ de tout le monde.
Les motions de censure font du surplace
À Paris, on menace Lecornu de motions de censure. À Marseille, on menace la motion de censure de… finir dans les Bouches-du-Rhône. Le PS se fait rouler dans la farine, mais ils sont surtout doués pour rouler les pâtes dans le pesto. Le vrai débat, c'est de savoir qui apportera le Ricard à la prochaine réunion « historique » de la fédération socialiste.
Stéphane Ravier change de crèmerie
Le sénateur local affirme qu'il ne sera pas candidat en 2026, tout en ralliant Franck Allisio : Marseille est ainsi la seule ville où l'on change de camp sans déménager son bureau. Ravier découvre l'intérêt du cyclisme politique : plus tu tournes, plus tu es invité sur les plateaux télé. Les électeurs, eux, font surtout du vélo d'appartement.
Crise politique, édition spéciale apéro
Dimanche, la télé consacre une « édition spéciale » à la crise politique… avec des débats aussi électriques que le stade Vélodrome hors service. Les analystes cherchent la sortie de crise comme on cherche la sortie du parking Castellane une veille de match. En attendant, les Marseillais continuent à acheter du pastis : c'est le seul plan qui ne finit pas en motion de censure
Le chef de file écolo, ou comment éviter les responsabilités
Pendant que les socialistes hésitent à choisir leur champion, les écologistes votent pour « reconduire la coalition », ce qui revient à dire : on reconduit le bus, mais personne ne veut payer le ticket. Marseille invente la politique sans chef, la gestion sans gestionnaire et la coalition sans idéologie, à part celle du stand de boules
La guerre des locations saisonnières : épisode 376
Rentiers et mairie se battent pour savoir qui se fera le plus d'argent ou le plus d'interviews. Les propriétés sont assignées au tribunal, mais on parie qu'à la fin tout le monde aura gagné quelque chose, sauf le touriste, qui paiera trois fois plus pour une nuit avec vue… sur la grève des éboueurs.
Politique locale, le fauteuil musical
Entre les motions de censure, les changements de coalition et les procès Airbnb, la politique locale ressemble à une partie de chaises musicales où chacun espère rester debout. À Marseille, même l'instabilité politique a du mal à suivre le rythme des alliances : demain, la gauche sera peut-être de droite et la droite peut-être en terrasse au Cours Julien, un pastis à la main….

