Ils trinquent l’indécence face à la mort de Brigitte Bardot
Par : Stéphane Langlois
La célèbre militante n'est plus ! Hier, certains idiots ont écorné son image en se réjouissant de sa mort. Ils ont cru bon de lever leur verre, symboliquement son décès, comme si des décennies de lutte pouvaient s'effacer avec le temps. Ces réactions, minoritaires mais bruyantes, révèlent une fracture profonde. Celle qui se place entre deux visions du monde : une société qui avance vers davantage de considération pour le vivant, et celle qui s'arc-boute sur des pratiques violentes, refusant toute remise en question.
La haine d'un engagement qui dérange
Pourquoi une telle hostilité ? Parce que Brigitte Bardot n'a jamais été une militante tiède. Elle a nommé, dénoncé, exposé. Chasse à courre, corridas, élevage industriel, abattage des chevaux, expérimentation animale, foie gras, elle a attaqué frontalement des traditions, des lobbies, des intérêts économiques et culturels puissants. Pour certains chasseurs radicaux, elle incarnait tout ce qu'ils exècrent : la remise en cause de leurs pratiques, la surveillance citoyenne, la perte de l'impunité morale. La voir affaiblie, vieillissante était devenu, pour eux, un prétexte à la célébration.
La chasse à courre en ligne de mire
La chasse à courre occupe, notamment, une place centrale dans cette animosité. En dénonçant cette pratique cruelle, archaïque, incompatible avec une société moderne, Brigitte Bardot a cristallisé les tensions. Elle a donné une voix aux animaux traqués, mais aussi aux riverains, aux lanceurs d'alerte et aux citoyens choqués par la violence de ces scènes. Les propos de réjouissance émanent de certains milieux pro-chasse. Ils montrent à quel point le débat est devenu idéologique, profondément déshumanisé. Pour une frange de la population, on ne combat plus une idée, on se réjouit de la disparition de celle qui la porte. Petites gens !
Une indignité morale largement condamnée
Face à ces messages, il faut bien dénoncer une dérive inquiétante. Se réjouir de la fin d'une personne ou de son combat, fût-il idéologique, marque un effondrement du débat démocratique et du respect le plus élémentaire. Même parmi les chasseurs, qui ne sont pas les meilleurs amis de l'icône des années 60, certains ont pris leurs distances avec ces propos, rappelant que la violence verbale et la haine n'honorent ni une pratique, ni une cause.
Un combat qui dépasse une personne
Ces réactions semblent oublier une évidence car le combat de B.B. ne repose plus, depuis longtemps, sur elle seule. Des millions de citoyens, des centaines d'associations, des évolutions législatives et culturelles prolongent aujourd'hui tout ce qu'elle a initié. Alors, trinquer à la fin de son engagement revient à ignorer que la cause animale est désormais bien ancrée dans la société. Les mentalités ont changé, les pratiques sont de plus en plus contestées, et la jeunesse s'empare de ces enjeux avec détermination.
Une tentative vaine d'effacer un héritage
Se réjouir de la mort de la muse de St Tropez, c'est surtout révéler une peur : celle de perdre un monde cruel, fondé sur la domination et la souffrance invisibilisée entretenue par des inconscients. Evidemment, Brigitte Bardot aura été, pour ces milieux, un miroir dérangeant. Un rappel constant que certaines traditions ne survivront pas à l'exigence morale contemporaine.
L'on ne fait pas taire une conscience
A tous ceux qui, hier, ont trinqué à sa mort, nous leur disons que son combat est toujours là ! Et le jour où elle n'est plus là, ceux qui pensent pouvoir célébrer la fin de la défense animale se trompent lourdement. Car les idées ne meurent pas avec ceux qui les portent. Elles se transmettent, se renforcent, se multiplient. Trinquer à la disparition d'une militante aussi humaine et efficace, n'efface ni les souffrances dénoncées, ni les consciences éveillées. Cela ne fait que révéler l'indigence morale de ceux qui s'y livrent. A bon entendeur...

