L'épisode 25 de la grande saga des retraites

24/06/2025

Par : Joël Pierre Chevreux

L'épisode 25 de la Grande saga des retraites ... Depuis ce matin, la réforme des retraites tient la vedette sur la scène politique, reléguant presque la guerre israélo-iranienne et faits divers au rang d'anecdotes. Après seulement quatre petits mois de discussions passionnées entre syndicats et patronat; à peine le temps de se mettre d'accord sur la marque du café, aucun accord n'a émergé sur l'amélioration de la loi d'avril 2023.

Infatigable optimiste

La pénibilité des métiers ? Toujours un concept mystérieux, manifestement impossible à intégrer dans le calcul des pensions. Ce léger désaccord vient, sans surprise, compliquer la vie de François Bayrou, qui avait pourtant fait de ce « conclave social » sa grande croisade pour calmer les esprits échauffés par le report de l'âge légal de départ à 64 ans. Mais François Bayrou n'est pas homme à se satisfaire d'un échec aussi modeste. Dès l'aube alors que la France se réveille à peine, lui veille sur nos retraites déclarant qu'il « ne peut pas accepter sans réagir qu'on se satisfasse d'échouer si près du but ». Traduisez avec moi, « L'on a raté la cible, mais l'on va continuer à tirer. Refusant de baisser les bras, il a aussitôt convoqué ce mardi matin les partenaires sociaux à Matignon, histoire de « trouver une voie de passage » (peut-être en creusant un tunnel sous le blocage ?). Bayrou a chaleureusement salué le « travail approfondi » des syndicats et du patronat, précisant que plusieurs points d'accord étaient tout proches d'être actés : la retraite des mères de famille, l'âge du taux plein, la gouvernance des retraites… Bref, tout sauf l'essentiel.

Revers politique ? Mais non, juste un léger contretemps…

François Bayrou s'emploie donc à sauver le dialogue social, ce sport national, après un échec qui, selon certains esprits chagrins, fragilise son gouvernement. À gauche, on applaudit debout… le revers du Premier ministre, perçu comme un désaveu cinglant. Il avait lancé ce grand débat pour panser les plaies de la réforme de 2023 et, accessoirement, s'attirer la sympathie des députés socialistes. Raté ! Olivier Faure, l'accuse d'avoir « vicié » la concertation dès le départ et menace, la main sur le bouton rouge, d'aller « vers la censure » si le Parlement n'est pas consulté. Pendant ce temps, la C.G.T. et F.O., visiblement vexées de ne pas avoir été invitées au petit-déjeuner matinal, réclament d'être associées à la suite des discussions. On ne saurait faire la fête sans elles. Ben voyons !

Suite au prochain épisode

Et maintenant ? François Bayrou, tel Sisyphe poussant son rocher, insiste sur la nécessité de poursuivre le dialogue et de ne surtout pas « baisser les bras » devant l'impasse. Aujourd'hui, il reçoit à la chaîne C.F.D.T., C.F.T.C. et C.F.E.-C.G.C., puis les représentants du patronat (Medef, CPME), dans une ultime tentative de relancer la négociation. La CFDT, toujours partante pour un café, a confirmé sa participation. L'objectif du gouvernement : éviter une crise politique majeure, trouver un compromis miraculeux pour garantir l'équilibre du système de retraites d'ici 2030, et surtout, ne pas toucher à l'âge légal de départ à 64 ans. Car après tout, pourquoi changer une équipe qui ne gagne pas ?

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