La grande peur des commerçants au lendemain des matchs de foot.
Par : Béatrice Montfort
La grande peur des commerçants au lendemain des matchs de foot. Ces soirs de fête qui virent à l'angoisse à chaque grande rencontre du PSG, la liesse populaire s'empare de la capitale, mais pour les commerçants, ces moments de fête riment avec inquiétude. Après la qualification du PSG en finale de la Ligue des champions, la fête a rapidement laissé place à des débordements sur les Champs-Élysées et dans les quartiers voisins. Si la majorité des supporters célèbrent dans la bonne humeur, une minorité profite de la foule pour commettre des actes de vandalisme, de pillage et de dégradation.
Des commerces barricadés et des vitrines fracturées
Face à la menace, les commerçants n'ont d'autre choix que de prendre les devants. À la veille de la finale PSG-Inter, beaucoup installent des palissades en bois, retirent les marchandises des vitrines ou déroulent des rideaux de fer pour protéger leur activité. Philippe, gérant d'une boutique sur les Champs-Élysées, témoigne : « Lors de la demi-finale du PSG, ma vitrine a été fracturée. C'est à chaque fois le même problème. J'ai l'impression que la police ne peut rien faire, mais c'est pénible de se dire que peut-être dans l'avenir, il va falloir installer des grilles à l'extérieur. » De son côté, Charlotte, responsable d'un bar à proximité, partage son appréhension : « Je ne serai pas du tout détendue ce soir-là. Dans les supporters, soi-disant PSG, il y a aussi des casseurs qui s'infiltrent et je n'ai pas envie de revenir en début de semaine et voir mon bar complètement éventré. J'ai qu'une hâte, c'est d'être lundi et que ce soit derrière nous. »
Des forces de l'ordre mobilisées, mais un sentiment d'impuissance
Pourtant, malgré un dispositif de sécurité renforcé plus de 5 400 policiers et gendarmes mobilisés pour la finale le sentiment d'insécurité persiste chez les commerçants. Les incidents récents, avec des vitrines brisées, des pillages et des affrontements avec les forces de l'ordre, laissent des traces. « Jeudi, toute la journée, des policiers ont circulé autour des Champs-Élysées pour demander à tous les commerçants de protéger leur boutique », rapporte un commerçant, qui constate que certains voisins ont déjà installé des grilles de protection depuis plusieurs semaines.
Un climat anxiogène qui pèse sur le commerce local
Au lendemain des matchs, le bilan est souvent lourd : vitrines éventrées, stocks pillés, mobilier urbain dégradé, circulation paralysée, et un sentiment d'impuissance partagé. Si les autorités assurent avoir « évité de gros dégâts » lors des dernières célébrations, la peur reste omniprésente chez les commerçants, qui redoutent chaque nouvelle échéance sportive. « On rêve tous d'une grande fête, mais on sait aussi que la nuit peut tourner au cauchemar pour nos commerces. » Un commerçant anonyme, Champs-Élysées. Pour les commerçants parisiens, chaque victoire du PSG est donc un mélange d'espoir et de crainte, où la passion du football se heurte trop souvent à la réalité des violences urbaines.

