Martine Vassal à la conquête de Marseille
Par : Sophie Girard
Martine Vassal, présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence et du département des Bouches-du-Rhône, a officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales de mars 2026 à Marseille. Cette candidature marque un retour très attendu après son échec retentissant de 2020, lorsqu'elle avait été battue par la coalition de gauche et écologiste du Printemps marseillais. Forte de cette expérience, elle veut à présent capitaliser sur l'union retrouvée de la droite et du centre pour reconquérir la cité phocéenne et incarner une alternative crédible au maire sortant Benoît Payan. La date de l'annonce, le 13 septembre 2025, n'a rien d'anodin : elle choisit ce jour symbolique, six ans après son dernier combat électoral, pour lancer une offensive qu'elle espère victorieuse. France Madame vous en dit plus !
Un parcours politique solide et ancré localement
Née à Marseille, Martine Vassal a d'abord fait carrière dans l'entreprise avant de s'engager pleinement en politique. Son enracinement local est profond, issu d'une famille proche des cercles gaudiniens. En 2015, elle devient présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, brisant une longue domination de la gauche dans ce territoire. En 2018, elle prend la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence, consolidant son pouvoir sur l'ensemble de l'aire urbaine. Malgré sa défaite en 2020 dans la bataille municipale, elle conserve une stature politique forte en tant que femme « de terrain », gestionnaire reconnue et meneuse aux méthodes parfois controversées, mais efficaces. Son éloignement des Républicains depuis 2022 ne l'a pas affaiblie : elle revendique désormais son positionnement « divers droite », ce qui l'aide à fédérer un large spectre d'élus et d'électeurs au-delà de l'appareil classique.
Une stratégie de campagne axée sur l'union de la droite
L'un des piliers de la campagne Vassal pour 2026 est le rassemblement autour d'une union solide et durable de la droite et du centre, après la dispersion des candidatures en 2020 qui avait favorisé la gauche. Martine Vassal se présente comme la force fédératrice capable de réunir les Républicains, les centristes, mais aussi des écologistes raisonnables et des macronistes modérés. Symboliquement, lors de son lancement, elle est entourée d'acteurs clés de ces courants, tels que Bruno Gilles et Yvon Berland, macroniste. Cet appel au rassemblement cherche à créer une coalition élargie pour s'imposer face à la gauche divisée mais dominante. En interne, l'unité est fragile, mais Vassal mise sur sa stature et son autorité pour maintenir la discipline nécessaire au succès, tout en adoptant une ligne politique très à droite, notamment sur la sécurité, pour mobiliser l'électorat conservateur.
Les défis judiciaires et polémiques
La campagne de Martine Vassal démarre sous une tension particulière liée à de graves affaires judiciaires. Depuis septembre 2025, elle est visée par une enquête préliminaire pour des faits présumés de corruption passive, détournement de fonds publics et trafic d'influence. Les perquisitions ont concerné ses domiciles, son cabinet et les institutions qu'elle préside. Elle dénonce un « chantage » et un « acharnement politique », affirmant sa volonté de poursuivre sereinement la campagne. Mais Martine Vassal mise sur son bilan supposé irréprochable en gestion publique pour contrebalancer ces accusations. Elle promet de faire la lumière sur ces affaires tout en focalisant sa communication sur la reconstruction et la réussite marseillaise.
Une campagne axée sur la sécurité et la propreté
Du côté de son programme, Martine Vassal fait de la sécurité une priorité absolue dans sa campagne. Elle critique vivement la gestion de la ville par le maire sortant, dénonçant une dégradation alarmante de l'espace public, de la propreté et une montée de l'insécurité. Sa méthode repose sur des mesures concrètes : augmentation des effectifs de la police municipale, renforcement de la vidéoprotection, amélioration de la coordination des services municipaux. Elle met en avant le « bon sens » comme leitmotiv pour remettre de l'ordre dans les rues, et focalise particulièrement la campagne sur la propreté, la lutte contre les incivilités et la régulation stricte des comportements gênants (restaurateurs malveillants, affichage illégal, dépôts sauvages). Cette approche séduit particulièrement une frange d'électeurs en quête d'une ville plus agréable et sécurisée. « Martine Vassal incarne aujourd'hui la véritable union de la droite marseillaise, ce qui était impensable il y a quelques années », confie un cadre local L.R. qui tient cependant à rester anonyme. « Son parcours, son enracinement, son expérience de gestionnaire lui donnent une légitimité que beaucoup lui reconnaissent, même si son positionnement très droitier inquiète certains électeurs modérés. Ce qui est certain, c'est qu'elle a su rassembler des forces que l'on pensait irréconciliables, et c'est la clé pour espérer une victoire dans cette ville si complexe politiquement. » Ce témoignage souligne l'équilibre délicat de la campagne, entre pragmatisme politique et radicalité affichée.
Un bilan à défendre et une vision ambitieuse
Martine Vassal s'appuie sur un bilan qu'elle juge positif à la tête du Département et de la Métropole, revendiquant 85% de promesses tenues. Elle met en avant les investissements réalisés dans les infrastructures, les transports, les équipements scolaires et sportifs, et le soutien à l'économie locale. Sa vision pour Marseille est celle d'une « capitale de la réussite », une ville capable de valoriser ses talents, de créer des emplois et d'offrir un cadre de vie rénové. Elle promet une politique pragmatique, basée sur l'efficacité plutôt que sur les discours idéologiques, en opposition au Printemps marseillais qu'elle accuse d'avoir transformé Marseille en un « laboratoire d'idéologie ». Son objectif est clair : remettre la ville sur les rails du développement et du rayonnement.
Le défi marseillais
Avec cette candidature, Martine Vassal se lance dans une bataille politique particulièrement rude, où elle devra surmonter ses déboires judiciaires, mobiliser une coalition large et diverse, et convaincre les Marseillais d'abandonner leurs hésitations passées. Sa détermination et sa connaissance fine des arcanes locales font d'elle une candidate redoutable, en quête à la fois de rédemption et de succès. Le scrutin de mars 2026 s'annonce comme un moment décisif pour l'avenir politique de Marseille, avec Martine Vassal jouant un rôle central dans cette page à écrire.

