La France entre dans l’année décisive de 2027

17/08/2026

Par : Joël Pierre Chevreux

À quelques mois des élections présidentielle et législatives de 2027, le paysage politique français entre progressivement dans une nouvelle phase. Les municipales de 2026 ont constitué un premier test avant le grand rendez-vous national. À droite, au centre comme à gauche, les candidatures se multiplient, tandis que le Rassemblement national et La France insoumise occupent une place centrale dans les scénarios envisagés pour le premier tour. Pour Infopremiere, une question s'impose désormais : au-delà des ambitions personnelles, quel projet pour la France ?

2027 commence déjà

La présidentielle de 2027 approche rapidement. Le ministère de l'Intérieur indique actuellement que le premier tour doit se tenir le 18 avril 2027 et le second tour le 2 mai 2027. Mais l'élection présidentielle ne constituera qu'une partie du rendez-vous. Les Français devront également élire les 577 députés de l'Assemblée nationale, dans un scrutin majoritaire à deux tours. Autrement dit, 2027 ne permettra pas seulement de choisir un président. Les électeurs détermineront également, à travers les législatives, les conditions dans lesquelles le futur chef de l'État pourra gouverner. Et c'est précisément là que réside l'une des grandes inconnues.

Une France politiquement fragmentée

Le paysage politique ne ressemble plus à celui des décennies précédentes. Les anciennes oppositions entre une gauche structurée autour d'un grand parti et une droite organisée autour d'une autre grande formation ont laissé place à une multiplication des candidatures et des formations. À gauche, les discussions restent particulièrement complexes. Marine Tondelier appelle actuellement les différentes formations à reprendre les discussions afin de dégager, si possible, une stratégie commune. Mais l'union paraît encore loin d'être acquise. Le Parti socialiste et ses alliés préparent notamment une primaire annoncée pour la mi-octobre, tandis que plusieurs personnalités envisagent ou revendiquent leur propre chemin vers 2027. À l'autre extrémité du spectre politique, le Rassemblement national conserve une position centrale dans les scénarios électoraux. La France insoumise demeure également incontournable à gauche. Cette situation conduit certains responsables du centre et de la droite à défendre l'idée d'un candidat unique capable d'éviter un duel RN-LFI au second tour. François Bayrou a récemment relancé ce débat, dans un contexte où les prétendants du bloc central cherchent toujours à déterminer celui qui pourrait porter une candidature commune.

Le retour de l'expérience politique

Autre phénomène intéressant : la campagne de 2027 semble marquée par une recherche d'expérience. Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bernard Cazeneuve, Dominique de Villepin, François Hollande, Ségolène Royal, Xavier Bertrand ou encore Bruno Le Maire figurent, à des degrés divers, dans le paysage des personnalités susceptibles de peser dans le débat présidentiel. Ce retour des figures expérimentées constitue presque un paradoxe. En 2017, une partie de l'électorat recherchait précisément le renouvellement. En 2027, après plusieurs années de crises successives — sanitaire, énergétique, géopolitique, économique et institutionnelle — la compétence, l'expérience et la capacité à gouverner semblent redevenir des arguments politiques majeurs.

Mais l'expérience suffira-t-elle ?

Les Français attendent autre chose qu'un casting

C'est probablement la véritable question. La présidentielle ne devrait pas se résumer à savoir qui sera candidat contre qui. Elle devrait permettre de répondre à des questions fondamentales : quelle politique économique ? Quelle politique énergétique ? Quelle défense ? Quelle immigration ? Quelle sécurité ? Quelle justice ? Quelle place pour la France en Europe et dans le monde ? Quelle politique écologique ? Quelle protection pour les agriculteurs ? Quelle politique pour les services publics ? Et surtout : quelle conception de la France ? Car derrière les programmes techniques se dessine une interrogation beaucoup plus profonde : la France souhaite-t-elle continuer à déléguer une partie croissante de ses décisions ou souhaite-t-elle retrouver davantage de marges de manœuvre nationales ? C'est ici que le débat sur la souveraineté pourrait prendre une importance considérable.

L'Europe au cœur du débat français

Le sujet européen reviendra nécessairement dans la campagne. Mais le débat pourrait évoluer. Il ne s'agirait plus simplement d'opposer « pro-Europe » et « anti-Europe ». Une autre question pourrait émerger : quelle Europe voulons-nous et quelle place la France doit-elle y occuper ? Une vision gaulliste pourrait défendre une Europe des nations, de la coopération et des intérêts communs, sans nécessairement rechercher une intégration toujours plus poussée. La question des traités, de la souveraineté budgétaire, de la défense, de l'industrie, de l'énergie et des frontières pourrait ainsi revenir au premier plan.

Et les législatives ?

Elles pourraient finalement compter autant que la présidentielle. L'histoire récente l'a montré : l'élection d'un président ne garantit pas automatiquement une majorité parlementaire stable. Les 577 circonscriptions constitueront donc un deuxième champ de bataille. Les partis devront non seulement présenter un candidat à l'Élysée, mais également construire des réseaux locaux, trouver des candidats, négocier des accords et convaincre les électeurs circonscription par circonscription. Le scrutin présidentiel donnera une direction. Les législatives détermineront en grande partie la capacité à la mettre en œuvre.

Le nouveau rôle d'Infopremiere

Pour Infopremiere, cette période constitue une occasion de revenir à une fonction essentielle de la presse : informer, comparer, questionner et donner la parole sans transformer l'information en simple propagande électorale. Le site pourrait ainsi suivre les programmes, les candidatures, les déclarations, les propositions et les évolutions des différents mouvements politiques, mais également examiner les sujets qui toucheront directement la vie quotidienne des Français. Pouvoir d'achat, sécurité, santé, agriculture, écologie, immigration, défense, dette, souveraineté, recherche, intelligence artificielle, protection animale, sécurité civile et avenir des territoires : autant de dossiers qui méritent autre chose que des slogans.

2027 : choisir une direction

La présidentielle de 2027 pourrait donc dépasser la simple alternance politique. Elle pourrait devenir un véritable choix de société. Une France davantage intégrée dans une construction européenne toujours plus poussée ou une France souhaitant retrouver davantage de souveraineté ? Une écologie punitive ou une écologie fondée sur l'innovation et la protection du vivant ? Une politique principalement tournée vers la réparation ou davantage vers la prévention ? Une France qui accompagne les transformations du monde ou une France qui cherche à les maîtriser ?

Pour Infopremiere, le débat commence maintenant.

Car une élection ne se prépare pas seulement lorsque les affiches apparaissent sur les panneaux électoraux. Elle commence lorsque les citoyens commencent à se poser les bonnes questions. Et en 2027, la question essentielle pourrait finalement être beaucoup plus simple qu'on ne l'imagine :

Fermetures de sites, suppressions de postes, restructurations : le paysage économique français se fragilise et les plans sociaux se multiplient. Derrière les annonces d'Auchan, Michelin ou dans l'industrie automobile se dessine une transformation beaucoup plus profonde de l'économie.
Share