Marseille Première - 04 juin

Rédigé par : Gérard Lefranc
Suivez les indiscrétions d'infopremiere à Marseille...
À gauche, la fracture s'accentue : La rivalité entre le maire Benoît Payan et le député LFI Sébastien Delogu s'est durcie. Delogu accuse Payan d'avoir abandonné toute ambition de transformation profonde de la ville et dénonce des « magouilles politiciennes » lors des négociations législatives. Cette rupture rend improbable une alliance pour les municipales de 2026 et oblige la gauche à envisager de nouvelles coalitions ou l'émergence de figures alternatives.
La droite tente l'union : Après la défaite de 2020, la droite et le centre s'organisent pour reprendre Marseille. Renaud Muselier (président de la Région) et Martine Vassal (présidente de la Métropole) affichent leur unité, tandis que Laure-Agnès Caradec (présidente LR 13) et Romain Simmarano appellent à un large rassemblement. Les regards se tournent aussi vers Ludovic Perney pour renforcer la présence de la droite dans certains secteurs stratégiques.
Le Rassemblement national en embuscade : Fort de ses résultats aux européennes et législatives, le RN et son chef de file local Franck Allisio comptent capitaliser sur la dynamique pour imposer leur marque lors des prochaines municipales. Sur 16 députés des Bouches-du-Rhône, 11 sont désormais RN ou alliés, ce qui renforce leur poids dans la région.
L'écologie cherche sa place : Sébastien Barles, adjoint à la transition écologique, critique ouvertement le manque de volonté politique de la mairie sur les dossiers environnementaux. Il pourrait incarner une alternative verte si les tensions à gauche persistent.
Le mode de scrutin fait polémique : Renaud Muselier a investi 40 000 € dans une campagne de presse pour défendre sa position sur la réforme du mode de scrutin municipal à Marseille, signe de l'importance stratégique de la question pour les prochaines élections.
En coulisses, la fin d'un vieux système : L'alliance historique entre la mairie et le syndicat Force Ouvrière, qui a façonné la vie politique marseillaise pendant des décennies, vit ses derniers instants, marquant la fin d'une ère de « donnant-donnant » entre élus et syndicalistes4.
Campagne municipale. Elle s'annonce particulièrement ouverte, avec des alliances mouvantes, des rivalités exacerbées et un paysage politique en pleine recomposition. Les prochains mois seront décisifs pour voir émerger de nouvelles figures ou confirmer le retour d'anciens ténors.
Tensions chez les macronistes marseillais : Les ambitions personnelles s'aiguisent dans le camp présidentiel. Plusieurs élus de la majorité municipale lorgnent sur une investiture Renaissance pour 2026, mais Paris hésite à trancher, craignant de froisser les alliés locaux. Résultat : chacun multiplie les signaux d'allégeance, tandis que des tractations discrètes se poursuivent avec certains anciens socialistes.
Retour discret de personnalités : D'anciens poids lourds de la politique marseillaise, mis sur la touche après 2020, testent leur popularité lors d'événements associatifs ou sportifs. Certains, comme Yves Moraine ou Valérie Boyer, sondent leur réseau pour un éventuel come-back, sans pour autant officialiser leurs intentions.
Le casse-tête des quartiers Nord : Les élus de tous bords s'inquiètent de la montée de l'abstention et des difficultés à faire campagne dans les quartiers Nord, où l'insécurité et la défiance envers les institutions restent très fortes. Plusieurs partis réfléchissent à des candidatures issues du tissu associatif local pour tenter de renouer le dialogue avec les habitants.
La tentation « citoyenne » : Plusieurs collectifs citoyens et mouvements issus de la société civile se réunissent en vue de constituer des listes indépendantes pour les municipales. Leur objectif : bousculer les appareils traditionnels et imposer de nouveaux visages, notamment sur les thèmes de la transparence et de la lutte contre la corruption.
La métropole, terrain de manœuvres : Martine Vassal, bien que fragilisée par les critiques sur la gestion des transports et des déchets, multiplie les rencontres avec les maires de la métropole pour verrouiller des soutiens. Certains élus de petites communes en profitent pour négocier des contreparties, tandis que d'autres rêvent déjà d'un changement de gouvernance.
