La France dégrade sa note pas son sens de l'humour
Par : Joël Pierre Chevreux
Ce papier aura pu s'intituler : " chronique d'une chute annoncée". Ah, la France, ce beau pays connu pour son art de la baguette, du béret et de la java... et désormais pour sa capacité inégalée à faire dégringoler sa note financière comme on ferait tomber un camembert sur un trottoir parisien un jour de marché. Fitch, l'agence de notation bien-pensante, vient de gratifier notre cher pays d'un gentil coup de rabot, passant du « double A- » au « A+ ». Rien que ça ! Une baisse qui résonne comme un petit avertissement poli, à la française : « Vous êtes sympas, mais faudrait peut-être vous bouger un peu. »
Une note dégradée pour un pays indélogeable
L'on pourrait penser qu'une telle note serait la conséquence d'une catastrophe naturelle, d'une guerre ou d'une invasion de pigeons mutants, mais non. La vérité vraie, c'est que la dégradation reflète surtout une instabilité politique « proverbiale » et une « fragmentation » étatique chronique. En clair, notre cher gouvernement, entre deux grèves et l'organisation d'une énième manifestation, peine à trouver une majorité stable, poussant les créanciers à se demander silencieusement s'ils remettront la main à la poche. Pour mettre un peu de piment dans cette affaire, l'on a même droit aux commentaires savamment mesurés de Nicolas Goetzmann, chef économiste à la Financière de la Cité, qui nous rappelle que ne pas avoir de croissance, c'est un peu comme vouloir cuisiner un boiling crab sans crabes. « Cette note », dit-il sans ciller, « est la facture que nous impayons depuis trois ans, et elle arrive en retard, mais elle arrive. »
Un feuilleton plus long que les séries Netflix
Le gouvernail de la France tangue autant qu'un bateau ivre au large de Marseille. L'élection présidentielle se profile au loin comme une oasis inaccessible tandis que les gouvernements tombent et se relèvent, dans une valse aussi endiablée qu'inutile. Fitch prend acte, déçue, « qu'aucun changement majeur ne surviendra avant 2027 ». La patience du monde financier semble avoir atteint ses limites. On la comprend ! Pendant ce temps, la dette française grimpe plus vite que le prix des croissants au beurre : de 113,2% du P.I.B. en 2024 à un beau 121% annoncé pour 2027. Pas de quoi faire s'envoler une montgolfière, mais assez pour faire cogner les têtes pensantes à Bercy qui commencent à comprendre que le défi est de taille.
Le parfait mélange du Français
Pourtant, l'on nous rassure : « La croissance tiendra le cap (enfin on l'espère) ». Oui, comme une bonne vieille 2CV dans une course de Formule 1. Jean-Paul, 52 ans; Français " moyen", confie : « Franchement, on s'en doutait un peu. Ça fait des années qu'on entend parler de déficit et de dettes, pendant que nos politiciens s'écharpent sur la longueur des vacances. Cette nouvelle dégradation, c'est juste une confirmation officielle. Mais moi, je continue à payer mes impôts en espérant que ça ira mieux un jour, même si entre nous, j'y crois moyen. » Son ton est à la fois ironique et résigné, le parfait mélange du Français contemporain face à ses finances publiques.
Un avenir incertain mais… toujours avec du bon vin !
Malgré ce tableau peu reluisant, la France n'est pas prête à plier bagage. Entre l'élégance des cafés, les débats enflammés dans les Assemblées et l'indignation bien française, l'on pourrait dire que le pays cultive le paradoxe avec autant de soin que sa gastronomie. Reste à savoir si cette attitude suffira à convaincre les agences de notation... ou s'il faudra un nouveau chef d'orchestre pour relever le niveau. Notons, enfin, que la dégradation de la note française est bien plus qu'un simple chiffre sur un graphique. C'est le reflet d'un pays qui hésite entre grandeur et décadence, entre politique spectacle et gestion sérieuse. Dans cette comédie tragique aux accents très tricolores, le spectateur ne peut qu'attendre avec impatience l'acte suivant. En attendant, bon courage à tous, la scène est grande, et le rideau ne tombe pas encore. Enfin !

