Les européennes auront lieu dimanche prochain jusqu’à 18:00. Beaucoup de français ne savent toujours pas pour qui voter : tous pourris, personne ne me convient, le Parlement européen ne sert à rien… Nous proposons ici plusieurs approches différentes, dans l’espoir que les indécis se retrouvent dans l’une d’entre elles.

 

Pour ceux qui croient au « vainqueur »

Certains électeurs considèrent comme important le nom de la liste qui arrivera en tête. Ça ne changera, en réalité, qu’un ou deux eurodéputés. Qui plus est qu’il ne s’agit que des élus français, donc à peine le dixième du Parlement européen.

Cependant, le résultat de cette échéance peut avoir des conséquences sur les suivantes. D’un côté, l’on peut affirmer que le fait de voir En marche gagner systématiquement va donner aux électeurs la sensation qu’on ne peut pas y échapper.

En somme, un schéma à la russe : un centre mou et opportuniste, bordé par deux oppositions, RN et FI, qui seraient devenues autant extrémistes que ridicules. Tel est le schéma politique qu’Emmanuel Macron rêve d’avoir en France.

Cela dit, une victoire du Rassemblement national ne serait-elle pas le déclencheur d’une seconde victoire d’Emmanuel Macron en 2022, selon le fameux « front républicain » ? Toute est la difficulté de ce type de réflexion. Les opposants au Président ne se rangent donc pas tous derrière Jordan Bardella, et peuvent se pencher sur d’autres offres politiques.

Quels enjeux pour les européennes ? À tous les indécis

 

Pour ceux qui veulent aider des partis à accéder au Parlement européen

La seule utilité des élections européennes : choisir qui vous représente au Parlement européen. Vous avez donc un pouvoir conséquent sur des listes créditées autour de 5 % d’intentions de vote. En-dessous, elles n’auront pas d’élus.

C’est le cas de trois listes :

– le Parti socialiste est pour l’Union européenne, dont il veut modifier des traités. Il est favorable à la contribution de la France au budget européen, à la hausse de l’accueil des migrants, pour la directive travailleurs détachés et a voté pour la directive droits d’auteurs.

– Debout la France souhaite le remplacement du TUE et du TFUE par un traité alternatif (http://www.debout-la-france.fr/sites/default/files/traite_alternatif_version_finale.pdf), la baisse de l’immigration, la fin de la directive travailleurs détachés et l’amélioration de la condition animale.

– Le Parti communiste français veut sortir des traités européens, amorcer une transition écologique, pérenniser les services publics et placer la Banque centrale européenne « sous tutelle démocratique ».

Favoriser ces listes pourra tout simplement permettre à plus de partis, donc plus d’électeurs, d’être représentés. Ce vote peut ainsi remplir un simple objectif démocratique.

 

Ceux qui pourraient voir leur campagne remboursée

Deux listes s’approchent des 3 %, permettant le remboursement de leur campagne :

– Génération.S est le mouvement de l’ancien ministre Benoît Hamon. Il est pro-Union européenne, pour une amorce de la transition écologique, et en faveur du revenu universel et pour hausser l’accueil des migrants.

– Les Patriotes sont une des trois listes à prôner la sortie de la France de l’Union européenne, avec l’Alliance royale et l’Union populaire républicaine. Ce mouvement est aussi favorable à la baisse de l’immigration, l’amélioration de la condition animale et un protectionnisme à l’échelle nationale.

Pour les indécis, voter pour une telle liste pourrait indiquer un soutien à un combat que vous respectez, l’aidant à affronter la barrière des financements, tout en sachant que leurs chances d’élection sont maigres.

 

Ce qu’est vraiment un eurodéputé…

C’est quelqu’un, qui au final, n’a pas tant de pouvoir que ça.

Il peut s’opposer ou soutenir une directive européenne (à l’initiative de la Commission européenne uniquement). Il peut l’amender dans certains cas. Mais il ne peut pas soumettre de proposition de directive, ni changer les traités européens.

C’est l’origine du rejet des élections européennes par les français : ils ne votent que pour une partie, rarement représentative, du Parlement européen. De plus, ces gens font campagne pour changer une Europe qu’ils ne peuvent changer – et dont ils ne peuvent sortir – puisque seuls les chefs d’État peuvent renégocier les traités, à l’unanimité.